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POLITIQUE: textes

La société multiculturelle harmonieuse existe, je l'ai rencontrée


Oui, cette utopie existe, elle s'est matérialisée, elle est réelle. Je sais où elle se trouve.
Et ce n'est pas une mince nouvelle.

Depuis que l'alliance impromptue de la naïveté politique occidentale, de l'indolence civilisationnelle née des « trente glorieuses »,  de l'explosion démographique en Asie et en Afrique, de la haine de soi cultivée par une certaine élite européenne, et du goût pour le rêve de chacun, a donné naissance au projet humain et politique que constitue la société multiculturelle, il est bien certain que l'idée a eu le temps de s'attirer des critiques... Comment, en effet, vouloir allier des gens provenant d'espaces radicalement différents - et donc leurs univers culturels, juridiques, religieux – et réussir que ces contraires parviennent à éviter les frottements (au sens clausewitzien du terme) ? Si la chose est possible au sein des laboratoires que constituent les groupuscules d'extrême-gauche ou dans l'univers étroit et protégé des universités, il en va bien autrement dans le monde réel. Là, il devient vite difficile de faire cohabiter le salafiste et la lesbienne, le libertin et l'évangéliste, l'Africain à tendance polygame et les exigences de la société occidentale productiviste...  
D'où les frottements que l'on sait, et la tendance désormais marquée des braves électeurs européens à faire d'avantage confiance aux partis extrémistes plutôt qu'aux raisonnables politiciens modérés. Rien que cela constitue un signal fort.

Avant donc, que la réalité ne fasse, au XXIe, un sort aux utopies culturelles de la fin du XXe siècle, je me devais de faire connaître ce qui peut constituer une sorte de « prix de consolation » destiné aux rêveurs de bonne volonté : la société multiculturelle apaisée, aimable, productive et attrayante existe. Venant d'un esprit tel que le mieux, plutôt acide, la chose pèse son pesant de platine. Je laisse le temps aux Gentils de savourer la nouvelle

« Et où la trouve-t-on, cette assemblée ? » me demanderez-vous, las d'attendre.

La réponse est : chez les banquiers, et dans leur entourage de gens de culture et de riches clients.

Car c'est bien là, autour de flûtes de champagnes, et de petits fours que se côtoient civilement les beautiful peoples de toutes la planète, en costume-cravatte et robes du soir. On voit, dans ces assemblées, la tradeuse mongole deviser avec le commerçant aboudhabien, le banquier genevois rire en compagnie de l'investisseuse russe ou argentine, l'avocat fiscaliste allemand échanger avec l'homme d'affaires congolais. Tous y préparent des affaires, tous échangent des informations, tous font leur cour, tous préparent la suite de la soirée...  Blancs, noirs, bruns, jaunes, ... - je n'ai pas dit « pauvre » - vivent donc dans la plus parfaite harmonie.  

Donc, la société multiculturelle existe, je l'ai rencontrée, elle est heureuse... Mais pour l'obtenir, il faut y mettre le prix. Avis aux petits pécules de Gauche.
Bernard Antoine Rouffaer                28.8.2017



Poutine, Macron, Versailles, Peterhof...

A l'occasion de la visite de Poutine à Versailles, marquant le 300e anniversaire de la première visite chez nous d'un Tsar, on peut remarquer une constante: l'arrogance ignorante de certains journalistes.

Rien de neuf depuis les commentaires d'autrefois, que ce soit le duc de Saint Simon amusé par les moeurs trop récemment dégrossies de Pierre le Grand ou du comte d'Haussonville, raillant ces "Français un peu infatués de la splendeur de leur capitale".

En effet, je lis ce matin dans l'Express un certain François Biatoni, un "spécialiste", qui craint que le choix de Versailles puisse étouffer Poutine "sous la grandeur tricolore; l'écraser sous le faste".
En voilà au moins un qui n'a jamais mis les pieds en Russie ni même vu d'image de ce pays...Poutine, ex cadre à Saint Pét' puis Néo-tsar au Kremlin, trouvera Trianon aussi sobre qu'un baraquement agricole, en comparaisons des extraordinaires et prolifiques dorures de ses palais.

Mais passons! En 1717 en effet, Pierre le Grand, à peine sorti de la "barbarie orientale", visite la France de la Régence et bouscule les codes: Après avoir sillonné incognito les rues de Paris en montant au hasard dans des carrosses garés, il veut visiter des manufactures, des chantiers, des établissements scientifiques. Les palais et les fêtes pour lui en foutre plein la vue ne l'intéressent pas.

Il rencontre le plus jeune des chefs d’État: Louis XV, 7ans. Et à la stupeur de la Cour, il le soulève à sa hauteur (un géant) et lui claque la bise. Plus fort qu'une poignée de main Trumpesquemacronienne! Un des buts de sa visite était un retournement des alliances, mais la France, lente à changer ses habitudes diplomatique, loupa ce rendez vous.
Quant à cette visite, ce ne serait pas du luxe que notre jeune président glisse plus qu'un mot sur l'affaire Kadyrov et ses immondes persécutions tchétchènes. Angela l'a fait; il faut en rajouter une louche.

En illustrations, quelques liens vers des palais russes, qui visiblement ne manquent pas trop de fastes; même moi aurais pu parfois en espérer un peu moins...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_de_Peterhof
https://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_d%27Hiver
Eric de Haynin        29.5.2017


Tchéchénie et homosexualité  

J'ai hésité quelques temps, je me suis autocensuré en pensant que, de ma part, la remarque sonnerait comme une vieille rangaine communautariste égocentrée, mais vu la gravité et la lenteur des pouvoirs à réagir , je m'y colle donc.
Même si nous sommes d'accord qu'il s'agit d'allégations démenties par les accusés, nous avons donc appris par Novaya Gazeta que, suite à des revendications d'organiser une gay pride à Grozny, une rafle sur une centaine d'homosexuels tchétchènes aurait été ordonnée par l'aimable boss de cette contrée caucasienne, Ramzan Kadyrov.
Certes, on peut toujours gloser de la pertinence d'organiser un tel événement dans cette ville martyre, entourées de campagnes frustes et farouches, mais de quelque manière qu'on tourne la question, il me parait avéré que la réponse de l'autorité a été pour le moins disproportionnée: Internement dans des baraques concentrationnaires, humiliations, viols (ça c'est un classique de la part des "hétéros" homophobes; ils arrivent toujours à bander dans ces cas là) et paraitrait-il, trois morts.
J'ai assez envie de croire ces journalistes, car la riposte du régime de Mr Kadyrov ne laisse guère planer de doute sur leur talent d'improvisation:
1)Il n'y a pas eu de rafle car il n'y a pas d'homosexuels en Tchétchénie". Et pardi!
2) Et si d'aventure il y en avait tout de même eu," leur proche entourage aurait définitivement réglé la question".
Amusant comme ce porte parole de Mr Kadyrov se contredit si effrontément: il approuverait des meurtres en famille pour seule cause d'homosexualité; tout va bien.
Alors oui, je sais, "le lobby gay" embête les gens, parle trop fort, provoque les gens tranquilles, "ne récolte que ce qu'il sème", les gays devraient se contenter des droits qu'on leur a octroyé et dorénavant la boucler. Fort bien.
Mais lorsque dans un pays géographiquement européen je vois des gens internés dans des camps car ils aiment un adulte consentant de leur choix, je ne sais plus trop comment pouvoir encore justifier toutes ces réserves et fausses excuses:
Qu'on le veuille ou non, l'homophobie est bien encore là, enracinée dans un marigot alliant les frustrations intimes de certains aux superstitions les plus primitives.
Se taire lorsque se remplissent des camps en Tchétchénie est une honte; ne pas dénoncer comme trois des candidats sur les 5 de tête est pour le moins regrettable, même si l'aimitié poutinesque se cache sûrement derrière ces pudibonderies. Ce qui se passe là bas est inqualifiable et le silence n'est plus de mise.

Eric de Haynin                 18.4.2017


Notre démocratie en danger…

Le regretté Winston Churchill, entre autres, la clamé : la démocratie est le moins mauvais des systèmes politiques. Bien que, parfois, des dictatures dites « éclairées » s’en sortent également sans souffrir aucune comparaison. Notons, comme exemples, l’île-Etat de Singapour ou, plus près de nous, le Royaume du Maroc. Pourtant, nous sommes confrontés à un péril, sans précédent. Celui d’une démocratie achetée ou, pire encore, corrompue. Le concept de l’État Nation bafoué par nombre de multinationales et lobbyistes, des pans entiers de populations sont pris en otages d’un asservissement exponentiel et sans retour. Celui d’une fuite en avant consumériste sans foi ni loi. Avec, comme notion dominante, le prix, le système dans lequel nous nous engluons à comme seul dieu la profitabilité. Celle-ci s’articule de manière tentaculaire et sournoise. La profitabilité des intérêts particuliers a comme complicité l’intelligence sans amour. Soit le mal. L’avarice étant la fille aînée du diable, le marketing est sans conteste la fille cadette de la créature.
Mais comment une poignée de décideurs financiers et politiques peut-elle épuiser jusqu’à la moelle les colonnes vertébrales économiques de nos pays que constituent les classes moyennes ? Insidieusement, séquestrer une part importante de la productivité gagnée ces dernières décennies au profit de seulement quelques-uns ? Pousser, dans un climat de peur permanent, le bas peuple à consommer toujours plus et toujours plus mal en se précarisant ? Détruire un pouvoir d’achat, déjà en perte de
vitesse, à consommer ce qui n’est même plus produit sous nos latitudes, mais chez ceux où on a délocalisé ? Comment faire passer la pilule d’un service d’une qualité toujours plus aléatoire pour un prix toujours trop cher ?
Deux vecteurs de conditionnement sont à l’œuvre. Le premier est le détournement des médias grand public tous confondus. Ces derniers étant plus que jamais dépendants de l’argent des annonceurs. Ils perdent peu à peu mais sûrement leur indépendance et manquent de vue leurs devoirs liés à l’information et à la vérité. A n’en pas douter, le média gratuit a accéléré cette regrettable situation. Qui, aujourd’hui, va encore acheter un abonnement ? Ainsi, seuls les puissants ont la possibilité d’influencer l’opinion et de formater les masses. Par le biais de fallacieux forums, congrès, remises de prix bidon ou encore de publireportages, ils soudoient le petit monde de l’information – au propre comme au figuré. Le second spectre d’influence vise directement la classe politique. Autant de faiseurs d’opinions qu’il s’agit d’enrôler. Si les médias alimentent les tendances, les Politiques eux font les lois. Et c’est à ce niveau que déploient leurs pouvoirs de nuisances les lobbyistes et autres communautés d’intérêts particuliers.
Alors, comment résister ? Il ne faut cesser de demander toujours plus de transparence au système. C’est pourquoi, j’ai personnellement fait déposer, cet été, et par l’entremise du sénateur Thomas Minder – l’initiant victorieux de l’initiative populaire contre les rémunérations abusives – une pétition allant dans le sens préconisé plus avant. Mon texte demande que tout député à l’œuvre sous notre coupole fédérale communique publiquement la nature de ses liens avec des accrédités lors de toutes prises de position publique en période de votations populaires. Ma pétition – actuellement traitée par le Secrétariat de la Commission judiciaire des Services du Parlement à Berne – s’intitule « Plus de transparence sur les liens des membres des Chambres fédérales avec des représentants de groupes d’intérêts. » A suivre…

François Meylan                  3.10.2016



La lettre que le journal Le Temps n'a pas publiée

Décidément, je n'ai pas de chance avec le journal Le Temps qui, après être revenu sur son engagement de publier ma réponse à un article délirant de Joelle Kuntz sur le Burkini comme symbole de liberté (le Temps du 31 août 2016), a une nouvelle fois ouvert ses colonnes au propagandiste d'un islam radical Hani Ramadan et n'a permis à personne de donner une réponse circonstanciée aux propos scandaleux de cet adversaire de nos libertés. Je publie mon texte ici :
Tout citoyen soucieux du respect de l’égalité entre homme et femme, chèrement acquise au cours du 20ème siècle, ne peut que s’inquiéter de lire les prises de position de M. Hani Ramadan publiées assez régulièrement dans le journal Le Temps.
En effet, M. Hani Ramadan est un islamiste radical et provocateur qui a notamment justifié, pour des motifs théologiques, la lapidation des femmes et a même déclaré, il y a quelques mois seulement, qu’une femme sans voile est une pièce de deux euros qui, visible par tous, passe d’une main à l’autre !
Mais, à lire l’article de M. Hani Ramadan paru le 13 décembre 2016 dans le journal Le Temps, on peut légitimement passer de l’inquiétude à la stupéfaction. En effet, ce redoutable rhétoricien s’en prend au candidat à la présidence en France, M. François Fillion, l’accusant d’être « un va-t-en-guerre à la Bush » pour avoir écrit que le salafisme, comme le mouvement des Frères musulmans – qu’Hani Ramadan défend, il est d’ailleurs le petit-fils du fondateur du mouvement des Frères musulmans en Egypte – et Daech ne font que propager une idéologie totalitaire à l’origine des attentats dont la France a souffert. Hani Ramadan se moque d’ailleurs des Français qui, à la suite de l’attentat sanglant de Nice ont chanté la Marseillaise et conteste tout lien entre ce massacre d’innocents et le terrorisme islamiste – pour le motif que l’auteur de l’attentat est certes un Arabe « mais assimilé à ce point qu’il vivait entre l’alcool et les prostituées » écrit-il , manifestant ainsi sa conception méprisante de la civilisation occidentale - alors même que l’état islamique a revendiqué cette attaque qui a fait 84 morts à Nice le 14 juillet 2016.
Ne craignant pas de se contredire, Hani Ramadan reproche à la porte-parole de Fillion d’avoir affiché à son cou une croix chrétienne et, quelques lignes plus loin, il reproche à la France de discriminer les musulmans en interdisant le port du voile intégral. Sans compter qu’Hani Ramadan ne craint pas d’affirmer que la volonté affichée de François Fillion d’en finir avec l’islamisme radical est une déclaration guerre et de le menacer en lui rappelant Bush Junior entre les « Trois tours détruites du Wall Trade Center » ! A l’heure où, en Egypte, les Frères musulmans sont soupçonnés d’être à l’origine du massacre, ce dernier dimanche, de chrétiens coptes dans une église, la menace prend tout son sens.
Enfin, ce qui dérange sans doute le plus dans les interventions d’Hani Ramadan, c’est qu’il prétend parler au nom des musulmans, alors qu’il ne représente qu’une frange infime de ceux-ci, les islamistes radicalisés. On rappellera qu’au mois de septembre de cette année, la conférence d’Hani Ramadan à Nîmes a été interdite au grand soulagement de tous les musulmans qui ne se reconnaissent absolument pas dans les discours de cet islamologue radical promouvant l’application de la charia, alors même que celle-ci a été déclarée incompatible avec nos régimes démocratiques par la Cour européenne des droits de l’homme. Il convenait de le rappeler.

Michel Rossinelli         16.1.2017


L'Immaculée Conception de la Vierge

Standard;J'ai longtemps cru, ignare mécréant que je suis, qu'il s'agissait de la conception virginale du Christ Roi & Sauveur. Mais non! L'immaculée conception de la Vierge, devenue dogme sur le tard, au XIXe siècle et au terme de débats aussi enragés qu'interminables, concerne la pureté originelle de Marie Mère de Dieu, seule créature non divine a ne pas avoir été "maculée" par le pêché originel qui, sinon, au cas où vous ne le sauriez pas, nous accable tous avant même de naître.
Je résume car cela peut parfois rebuter l'esprit le mieux intentionné: Étant Mère de Dieu, la Vierge ne pouvait, ne serait-ce qu'un instant infinitésimal, avoir été souillée par le pêché. Le pêché qui touche tout humain depuis qu'Adam & Eve ont été virés du jardin d’Éden, même avant que nous puissions avoir l'envie de commettre notre premier pêché.
L'idée est arrivée en Occident sur le tard, au Xe siècle. Avant, elle était combattue, notamment par Saint Augustin qui rappelait que Marie avait bien été conçue via un coït et était de "la descendance viciée d'Adam" (comme nous tous, donc).
St Bernard de Clairvaux, au XIe siècle, s'interroge avec sévérité: "Comment ne peut-il pas y avoir de pêché lorsqu'il y a eu libido"? Un autre Père de l’Église, Saint Thomas d'Aquin, pensera avoir trouvé la solution: Marie a bien été conçue de manière commune et donc maculée, mais son embryon d'âme a été sanctifié dans le sein de sa mère et donc, elle fut purifiée à partir de là. Pour nous, petit rappel, il faut attendre le baptême, et encore, c'est un régime commun moins intéressant.
Hélas, le débat ne s'en trouva pas clos pour autant; des esprits chagrins relevèrent que les prophètes Isaïe et Jean Baptiste avaient aussi été sanctifiés avant naissance, ce qui rendait urgent d'établir une nouvelle hiérarchie entre eux et la génitrice du Rédempteur. Ce fut donc l'Immaculée Conception de la Vierge, un "Mystère" comme on disait, qui ne s'explique pas (les voies du Seigneur sont impénétrables).
Malgré la réticence de nombre de Papes, submergée par les croyances populaires avides de figure féminine à vénérer (rappelons que les religions occidentales précédant le christianisme regorgeait de déesses de fécondité, des moissons etc), impressionné par le succès des pèlerinages et du culte marial, le Vatican céda en 1854 et fit de cette immaculée conception de Marie un dogme, en bref: "circulez il n'y a rien à discuter".
Inutile de mentionner la fureur redoublée des débats lors de la Réforme protestante qui enflamma l'Europe à partir de 1517; Marie a été involontairement au centre de débats et d'empoignades insensées, qui se terminèrent très souvent autour d'un bon fagot de bûcher.
Quant à la naissance du Christ Roi, que je croyais donc être la fameuse immaculée conception, non seulement il était sacrilège d'imaginer qu'un vulgaire coït puisse en avoir été l'origine, mais il fallait aussi convaincre les Juifs que le Christ était bien le Messie, et pour cela que ça colle avec leurs propres croyances, c'est à dire que sa mère Marie serait "fille de Sion" donc vierge. Les évangélistes Matthieu et surtout Luc se sont mis bravement au boulot sur cette question, visiblement sans convaincre, les Juifs étant restés ce qu'ils sont, juifs, sans rien voir de divin dans le Christ.

Eric de Haynin               8.12.2016


Trump et Fidel

Finalement, la Nature a bien fait les choses. Car à y penser, était-il vraiment imaginable que Donald devienne président des US du vivant de Fidel?
Nous vivons la transitions de deux époques, deux millénaires etc. Un énième coup de vieux pour ma génération avec la mort du "Lider maximo", qui a incarné tous les espoirs et toutes les impostures de l'après guerre, sans parler des fantasmes soixante-huitards. Qui, surtout dans les maisons bourgeoises des années 70, n'a pas eu son poster du Che Guevara? Bon ok, chez nous, il était dans la chambre de mon frère aîné, ayant préféré pour ma part une photo de Neuschwanstein...
Fidel, qu'on aime ou non, a été un personnage sérieux et important dans notre histoire mondiale, malgré lexiguïté de son île. Le pays d'Amérique latine où l'éducation n'a jamais été bâclée, où l'alphabétisation est au plus haut, qui exporte des toubibs sur tout le continent. Et en même temps, un pays où la pauvreté est devenue norme; où gagner son argent hors des arcanes du pouvoir était suspect et aussitôt sanctionné, où s'exprimer trop librement n'était plus du tout bienvenu, malgré toute la geste libératrice du mouvement castriste.

Avec Donald, au look et au (bon) goût certes encore désuet, c'est au contraire l'incarnation de notre nouvel univers narcissique, individualiste, fulminant contre les contraintes étatiques, méfiant envers l'éducation publique, jamais convaincu par les causes "communes" telles la Santé, l'écologie etc.
Certains diront que l'un avait du panache et l'autre de la vulgarité. C'est un peu facile, un peu vrai mais il faut être juste: nous n'avons pas encore vu le 2e gouverner et quant au 1er, vivre sous son régime était plus compliqué que d'admirer de loin ses audaces.
Mais encore une fois, qu'ils se soient croisés dans l'histoire mapparaît comme un magistral résumé de deux mondes qui se succèdent et un solide clou de plus dans le cercueil de nos illusions de jeunesse.

Eric de Haynin               26.11.2016


Non au puritanisme religieux

Le puritanisme religieux est une énergie sale. Y toucher c'est passer même aux yeux d'une personne occidentale, de gauche, généreuse, pour une matérialiste radicale, une killeuse de «valeurs spirituelles». Pour les tenants d’une laïcité fermée à la question féministe mais ouverte aux quatre vents séraphiques, refuser le puritanisme religieux revient paradoxalement à vouloir «restreindre les libertés» d’aller et venir dans tous les voilements, selon une ségrégation des sexes désormais revendiquée sans honte. Il ne s’agit pas de s’attaquer à des croyants, à des croyantes mais de pouvoir dénoncer une idéologie socialement envahissante sans être pernicieusement renvoyé dans le camp de la droite extrême par des angéliques dont les méthodes semblent bien peu douces.

Aux yeux d'un islamiste, la dénonciation du puritanisme religieux passe pour de l’islamophobie pure et dure. Lui (ou son avatar féminin car aujourd'hui, hélas, des femmes sont à la pointe de ce combat) ne peut même pas supporter que tu existes sans croire en Dieu, le sien bien entendu, ou alors seulement en silence. Tu dois le laisser faire, dire, dénoncer, exiger, il appelle ça militer, le laisser créer un climat dans la société, contre la société, sans aucune empathie pour ceux qui souffrent mais ne sont pas dans la même «souffrance» que celle qu'il construit lui, savamment. Car il est intelligent.

Le pire, avec les énergies sales, c'est qu'elles se retournent contre celui qui les dénonce et qui devient le méchant opposé à la dévotion, à la douceur de Tartuffe dans la maison. C'est vrai Tartuffe n'est pas armé comme un terroriste. Il se drape dans l'amour de Dieu. On ne peut pas le reconnaître au premier regard. Pour un peu on lui donne tout. L'islamiste est armé des meilleures intentions envers ceux qui pensent comme lui ; ou plutôt qui ont les mêmes intérêts que lui. La scène où Molière évoque la «maladie» de Tartuffe, ô le pauvre homme...

Pour combattre les nouveaux Tartuffe, il faudra autre chose que les exaspérations, les élucubrations, les insultants raccourcis de l'extrême-droite. Des propos racistes, nous n’en voulons pas. Ni des crèches de Noël dans les bâtiments publics. Que l’on laisse les laïques pacifistes et démocrates mener leur combat, porter le deuil des laïques piégés dans les théocraties, le deuil des jeunes sur les terrasses, des individus inconnus, condamnés au nom d'une extrême dévotion, d'une folie collective, je ne peux pas oublier Paris, Nice, les métros, les intellectuels assassinés, les écrivains pourchassés. Tartuffe ne cessera jamais d'insulter mes morts.

Nadine Richon                   25.10.2016



L'UDC, le parti socialiste et le voile

Géraldine Savary tente de recoller les morceaux du parti socialiste, que le débat sur la burqa déchire (il en déchire d'autres aussi, et pas seulement à gauche), en proposant que la question soit déplacée au niveau des cantons, qui, c'est vrai, sont constitutionnellement seuls aptes à régler leurs rapports avec les Eglises.
Elle a parfaitement raison de mettre en doute les intentions de l'UDC, dont les actions ont toujours été à l'opposé de l'intérêt de l'égalité hommes/femmes, et dont l'initiative ne vise rien moins, sur un mode nettement xénophobe, qu'à "lutter contre l'islamisation rampante" de notre société... Rappelons tout de même que les musulmans ne constituent que 4,5 à 5% de la population suisse, et que seuls 10% d'entre eux vont à la mosquée, ce qui ne fait pas d'eux des terroristes pour autant.
Sauf que réduire la burqa à un problème "religieux" ne révèle rien d'autre qu'une suite de cet aveuglement devant l'islamisme, dont l'offensive est clairement politique, et mondiale.
Sauf que reléguer la question au niveau des cantons, alors qu'il est par ailleurs bien tard, ne fera que diffracter le problème sans le régler. Car les débats cantonaux ne seront pas moins vifs que le débat national, on l'a vu au Tessin, on le voit à Genève qui se dispute en ce moment autour de trois projets de loi sur la laïcité.
Renvoyer au niveau inférieur cantonal, suivant le fameux principe de subsidiarité, c'est bien ce qu'avait tenté Lionel Jospin jadis au sujet du voile dans l'école française, lorsqu'il avait placé la décision au niveau de chaque établissement : la cacophonie était devenue telle que c'est finalement la droite, via l'exemplaire commission Stasi, qui avait très justement opté pour une loi générale en 2004. Loi qui a réglé un problème que la gauche avait laissé pourrir. Non, il faudra aller jusqu'au bout de ces disputes, qui scindent déjà notre espace politique depuis longtemps, mais qu'on s'est jusqu'ici abstenu d'aborder, ou qu'on a différées, souvent pour des raisons électoralistes inavouables.
Il faut être aveugle aussi pour ne pas voir que les islamistes ne cessent de tester nos sociétés et nos Etats afin d'imposer sournoisement leurs insignes de frontière "culturelles" toujours plus loin, jusqu'à obtenir les passe-droits communautaristes qui visent à annexer les populations musulmanes et à exercer sur elles un pouvoir puritain, sexiste, homophobe et pour tout dire totalitaire, et ce sans concurrence. Il y a eu le voile à l'école, puis la burqa, maintenant voici le burkini... Prétendre défendre les minorités qui devraient rallier la gauche en les abandonnant à leurs dictateurs est une opération qui revient à vouloir se soulever du sol en tirant sur la tige de ses chaussures.
La seule façon de répondre aux menées islamistes sera bel et bien d'accepter l'initiative UDC, afin de manifester frontalement son opposition à l'islamisme, tout en faisant entendre par ailleurs qu'on ne tombe pas dans le piège de la xénophobie et du racisme, désormais exploités sur un plan culturel. Lorsque l'UDC prétend défendre nos principes politiques en nous renvoyant à un mythique et médiéval passé chrétien, il est assez évident qu'elle ne saurait trouver dans les laïques des "amis".
On s'amusera au passage de voir M. Maudet, promoteur d'un projet de loi complexe, dangereux et nuisible à la laïcité, recycler notre slogan laïque qui dit que le droit à la différence ne justifie aucune différence de droits : nos politiques, on le sait, font feu de tout bois...

Yves Scheller     16.8.2016


J'm'en tape !

J'm'en tape.
Que les athées algériens dénoncent le pognon englouti dans la nouvelle mosquée pharaonique au lieu d'équiper les hôpitaux.
Que des célibataires en Iran soient pendues pour prostitution et des femmes mariées lapidées pour le même motif, ou pour adultère,
que des vieux épousent des fillettes,
que le voile se répande et fasse la promotion de la croyance et du tout va bien pour les femmes dans le domaine de l'islam,
que les gens boivent les paroles des Ramadan et autres Frères financés par les pétromonarchies, soit pour les suivre sur la voie d'un islam d'Europe rigoriste soit pour justifier et alimenter leur islamophobie,
que plus personne ne sache vraiment ce qu'est l'islam,
que des gens soient persécutés parce que gay ou incroyants,
que les penseurs critiques et les croyants soufis restent méconnus, voire traqués, et cèdent toute la visibilité médiatique aux fanatiques,
que les prisons façonnent des terroristes,
que des filles se fassent insulter car elles sont en jupe et sans voile,
que des femmes en Europe ne puissent pas entrer dans un bar,
que des femmes en Grande-Bretagne ou au Québec soient jugées selon la charia dans un divorce,
que les communautés supplantent l'Etat dans certains cercles,
que des gens ne voient pas le lien entre une certaine forme d'islam mondialisé rigoriste et le port volontaire du voile,
que les gens ici ne voient pas que le voile va avec le recouvrement des bras et du bas, que des gens minimisent comme si c'était juste un petit foulard, comme un talon aiguille un soir en passant,
que des femmes ici ne pigent que dalle,
que la burqa annihile des femmes,
que les gens ici optent pour une laïcité dite de reconnaissance, où les religions sont reconnues comme des interlocuteurs politiques par les cantons,
que des gens bon teint tiennent la religion pour un bien si précieux qu'ils ne supportent pas le dessin satirique,
que le blasphème soit amendé comme au Québec,
que des écoliers arabes apprennent à détester les juifs,
que des Européens accusent Israël d'alimenter leur propre antisémitisme,
que des pourris notoires façonnent l'esprit des gens avec leur évangélisme au Brésil,
que des gens s'entretuent au nom de croyances diverses.
Parfois j'm'en tape. C'est plus simple. Amen.

Nadine Richon          30.5.2016


Nous sommes en deuil

Des morts de Charlie, du Bataclan, des cafés parisiens, du métro bruxellois, des enfants juifs tués en France par un islamiste… Faut-il rire de ces morts au motif que «le capitalisme tue davantage», «la France tue» ou – plus subtilement car sur ce mur on pratique la réflexion, juste pour dire – que des tyrans soutenus par l’Occident polluent effectivement le monde arabo-musulman autant que les islamistes?
Le deuil que nous portons est méprisable pour certains en Europe, on le voit même sur FB. C’est le deuil de «nos» morts européens, croyants ou non, musulmans ou non, assassinés au hasard. C’est le deuil des filles tuées dans le Maghreb ou au Pakistan, tuées oui, pour n’avoir pas porté le voile. C’est le deuil des enfants utilisés dans les guerres menées par différents groupes militaro-religieux à travers le monde. C’est le deuil des inconnus massacrés dans un marché, un monastère ou une mosquée au nom de leur croyance dénoncée par une autre croyance.
Et c’est la peur. Ressentie par une romancière menacée de mort en ce moment même car elle rêve d’une Bosnie laïque. C’est la peur plus lointaine qui a concerné Salman Rushdie et tant d’autres. Foutons-nous de sa gueule de people menacé dans le luxe, rigolent certains esprits tellement hâtifs. Les mêmes qui confondent résistance et terrorisme, sans voir à quel point leur raisonnement ressortit au totalitarisme.
Notre deuil serait donc méprisable car nous le vivons par procuration dans la Suisse préservée de Heidi. Il serait donc risible car nous ne sommes pas endeuillés directement. Un deuil méprisable car nous osons le porter. Triste tautologie. Nous le portons non par idéologie mais par humanité. La même qui nous fait trembler pour des gens qui vivent sous la domination du Hamas et la réplique israélienne sachant trop bien être sanglante. La même qui devrait nous porter, en tant qu’Européens, à répartir plus facilement et plus humainement les réfugiés syriens entre des pays suffisamment nombreux sur ce continent qui laisse trop de place à… la peur.
Pour travailler sur cette peur il faut oser nommer l’ennemi qui tue dans les lieux publics européens et orientaux. Cela passe d’abord par la reconnaissance de notre deuil européen et la légitimation de notre vigilance envers l’idéologie religieuse qui tue d’une main et se lave-plus-blanc sur nos réseaux sociaux, dans nos instances démocratiques, sur les bancs de nos universités, dans un discours qui nous anéantit, oui, nous, car il nie cette part de l’Occident qui ne jette pas des bombes, qui porte une parole humaniste, réellement universaliste. L’écrivain Didier Daeninckx a rappelé ainsi l’existence de ces enseignants français tués par l’OAS en Algérie alors qu’ils faisaient passer le message de la liberté aux futurs héros de la décolonisation.
Minimiser notre deuil ne fera qu’accroître la peur de tous pour le plus grand profit de nos extrêmes-droites xénophobes et le plus grand malheur du monde.

Nadine Richon      20.4.16


La haine est une chienne...

La haine est une chienne et c'est une image, pas un constat vétérinaire. Qui a commencé, est la question qui tue. Une bombe ici, une autre là, des conflits qui s'éternisent, d'anciens deals qui se prolongent, tu m'assures le contrôle sur le pétrole et je te soutiens militairement quand tu attaqueras des pays voisins ou des régions pour endiguer, au prix de tant de vies humaines, des manoeuvres politico-religieuses antagonistes, on se tient par la barbichette, tapis rouge ou assassinat du dictateur déchu, le peuple on s'en tape... Il y a tout ça.

Le peuple, justement. La haine au niveau du peuple doit être combattue car elle alimente les terroristes et les ripostes militaires. Les islamistes, mais les dictatures au double jeu le font aussi, entretiennent la haine d'une chose qui serait monolithique, satanique, un Occident pornographique qui "mérite" les avions dans les tours du WTC, la terreur près des écoles juives et dans une rédaction où ça dessine, où ça veut penser et rigoler des puissants, le sang dans une salle de concert, les blessures de guerre sur des terrasses où l'on essaie juste de vivre et parfois même de refaire le monde.

Refaire le monde, justement. Comment échapper à toutes les personnes qui refusent de nous laisser penser autrement que dans la haine? Même s'il y a fort peu de risques de mourir sous les balles ou les bombes, surtout dans une Europe pacifiée, la haine qui se manifeste quotidiennement nous emprisonne la tête. Il y a en Occident ceux qui dénoncent les clichés sur l'orientalisme et qui critiquent, avec une facilité déconcertante, des artistes issus d'un monde arabo-musulman si occupé aujourd'hui à se fermer aux autres influences, des artistes qui ont le courage de secouer cet immobilisme haineux.

Ces critiques de salon feraient bien de dénoncer aussi les clichés sur l'Occident, qui mènent parfois certains grands malades ou grands stratèges à refuser le combat démocratique pour lui préférer ce que nous aimons tant dénoncer, et à raison, la guerre. Quand la guerre prend la forme du terrorisme, il ne faudrait plus la nommer? Quand le fanatisme prend la forme de l'islam, il faudrait le minimiser? La haine fanatique doit être combattue car elle alimente un dialogue satanique avec nos extrêmes-droites xénophobes.

17.2.2016        Nadine Richon




Pourquoi le PS devrait-il barrer à gauche quand les électeurs en France, comme en Suisse, boudent la gauche de la gauche pour se donner à la droite plus ou moins extrême?

Les gens disent vouloir de la sécurité et de la clarté.
Ne faudrait-il pas leur offrir cela, tout en imaginant un bouclier pour protéger chacun dans un environnement financier qui favorise les favorisés? Devenir un favorisé soi-même doit rester un possible, un horizon économique ouvert, mais quantité de personnes rêvent d'une vie plus cool où elles pourraient cultiver leur jardin au sens de la terre, des amis, de l'entraide et de l'intellect.
Seul un revenu de base inconditionnel permettrait à chacun de s'exprimer comme il en a l'envie et les capacités.
Pour le reste, clarté face à la montée des extrémismes de tous bords, rappel du FN/UDC comme impitoyables envers les migrants mais aussi envers toute idée qui pourrait s'opposer au marche ou crève de la finance, rappel de ce qu'est l'islam ou de ce qu'il pourrait être si on faisait enfin le ménage dans certaines mosquées et associations qui vendent le rêve d'une religion totalitaire. Enfin arrêter avec ce discours extrême-simpliste qui voit le terrorisme comme une réplique mécanique aux bombardements de "l'Occident", comme s'il n'y avait aucune différence entre les États-Unis et l'Europe, l'Europe et la Russie, comme si "nous" étions de tous temps et en tous lieux les méchants... Un amalgame qui est précisément entretenu par les idéologues qui nourrissent l'imaginaire terroriste, puisque les assassins ne font pas non plus la différence entre "nos" gouvernants, "nos" bombes et les simples citoyens.
Nadine Richon

Le PS français ne barre pas vers la gauche malgré l´appel de certains. Cela provoque un phénomène "UMPPS" comme ironisait naguère le FN ou le "blanc bonnet/bonnet blanc". De fait, la "Gauche" est aujourd´hui moribonde en France. Ceux qui rêvent de son réveil   s´exposent pour le moment à 3 écueils de taille:
1) Le FN a piqué - depuis un bail -  l´électorat ouvrier-populaire
2) L´arithmétique électorale montre que moins de 20 % des Français partagent cette nostalgie
3) Le précédent Grec de Syriza a montré la quasi-impossibilité de changer de Société hors capitalisme.
Résultat, vissé aux sondages, le duo Hollande/Valls fait de la social-démocratie qui ne la distingue en plus rien de la ligne UDI (centriste) ou de la frange restée humaniste des LR (Juppé).
La logique voudrait que, Sarkozy s´étant furieusement droitisé (sa différence avec le FN ne tient plus que dans son maintien dans l´euro et sa préférence pour le grand capital plutôt que pour les PME), il devrait y avoir redistribution des cartes: Gauche "vraie" (minoritaire) Social-démocratie au sens large et parti de droite décomplexée type l'UDC réunissant Sarko et un FN qui, tôt ou tard, devra renoncer - comme les Grecs - à la sortie de l´euro pour accéder au pouvoir.
Eric de Haynin

Je crains que le socialisme, né au XIXe siècle, ne soit une idéologie désormais dépassée. Merkel : "dans une Europe qui, dit Angela Merkel, « représente 7 % de la population mondiale, 20 % de la production et 50 % des dépenses sociales » est-il possible de faire plus, dans le cadre d'un certain déclin économique, dans une économie mondialisée et hyper-concurrente ?
Le socialisme existe-t-il sans augmentation des budgets sociaux ? D'ailleurs la dualité gauche-droite se base sur un rapport matériel : comment gérer les ressources d'une société ? Aux plus nombreux ou aux plus efficaces?  Dans un siècle qui voit le retour des idéologies, a-matérielles, cette dualité-là est-elle encore pertinente? Le libéralisme (XIXe siècle pour sa version économique) souffre des mêmes travers : comment promouvoir une croissance économique infinie sur une planète finie?  
Nous sommes entrés dans une période de transition politique, humaine, démographique, culturelle, économique, technologique, stratégique. On ne gagnera pas grand-chose à vouloir revivifier des mourants.
Bernard Antoine Rouffaer

15.12.2015



Si la gauche était moins dogmatique, la droite le serait également... et réciproquement.

Les citoyens se sentiraient mieux représentés (les électeurs sont moins polarisés que les politiciens ne le pensent), l'abstention reculerait et les extrêmes plafonneraient à 15%, tous partis confondus, faute de carburant suffisant pour faire mieux (ou plutôt pire).

Tant que la gauche et la droite modérées ne feront pas sérieusement barrage à leurs extrêmes respectifs, elles demeureront incapables de dialoguer sereinement dans l'intérêt général, soit le job pour lequel nous élisons et payons nos députés.

Encore faut-il que les modérés le comprennent et y aspirent réellement, au lieu de se complaire obstinément dans le mauvais remake de la guerre froide qu'ils semblent vouloir perpétuer encore longtemps, par procuration, sous les yeux d'une population majoritairement abstentionniste et passée à autre chose... depuis longtemps.

Amis politiciens, croyez-le ou non, mais beaucoup de citoyens pensent aujourd'hui que la gauche et la droite ne devraient pas être opposées, mais complémentaires.
C'est d'ailleurs leur complémentarité historique qui confère à la Suisse sa stabilité politique, sa paix sociale et sa prospérité économique. Aujourd'hui, cette notion de complémentarité semble avoir disparu des manuels politiques de tous bords, au profit d'une stratégie d'affrontement idéologique dont se nourrissent leurs extrêmes jusqu'à l’écœurement.

A leur tour, ces derniers capitalisent sur la discorde des modérés, au point de représenter aujourd'hui le tiers de notre électorat et de dicter entièrement l'agenda politique, malgré les effets désastreux de leurs idées sur notre société et notre économie.

Comble de l'ironie: la gauche et la droite s'accusent mutuellement de la montée des extrêmes, sans jamais comprendre qu'elles en sont conjointement responsables, à parts égales ! Soyez certain qu'il se trouvera un commentateur avisé pour m'expliquer le contraire dans une saillie anti-gaucho ou anti-capitaliste primaire.

De mon point de vue, l'extrême-gauche et l'extrême droite poursuivent le même objectif: la destruction de notre société, au profit de leurs visions délirantes de ce qu'elle devrait être selon eux. La seule différence notable tient dans les moyens financiers mis en œuvre par l'extrême droite pour propager ses propres mensonges, beaucoup plus chers que ceux de l'extrême-gauche (sauf peut-être pour le contribuable).

William K. Rappard         21.10.2015


Le 9 septembre 2001, le commandant Ahmad Shah Massoud est assassiné par les talibans

Celui qui pendant vingt ans fut le symbole de la résistance afghane laisse alors les pleins pouvoirs aux extrémistes religieux. 11 septembre 2001, les tours du World Trade Center seffondrent...
De 1979 à 1989, il combat larmée soviétique, face à laquelle on ne lui donne aucune chance. Ses armes proviennent d'Iran en partie (oui) et de ses prises de guerre, car les occidentaux lui refuseront très longtemps toute aide le trouvant "trop indépendant". Les USA fourniront massivement ses ennemis jurés - islamistes -. Lui se contentera des armes prises aux Soviétiques et du soutien iranien.
En 1992, cest lui qui prend Kaboul, la capitale, mais laisse le pouvoir au chef de son parti.
Des ingérences diverses empêchent létablissement de la paix. Cest encore la guerre.
En 1995, les talibans, soutenus par les services secrets pakistanais, apparaissent sur la scène de ce sinistre théâtre. Septembre 1996 : Massoud quitte Kaboul, mais nabandonne pas le combat.
En juin 2000, le commandant Massoud ne contrôlait plus que 10 % du territoire de l'Afghanistan, mais continuait à résister aux talibans.
Une mission parlementaire franco-belge, mandatée par la présidente du Parlement européen, et dirigée par le général Morillon, député européen, s'était alors rendue dans la vallée du Panjshir, auprès du commandant Massoud pour l'inviter à témoigner à Strasbourg.
Des hommes politiques occidentaux découvrent alors Massoud.
Ils prennent soudain conscience des dangers du terrorisme islamiste. Mais personne ne bouge le petit doigt (Est-ce normal ? Après tout, à part l'opium et les champs de pavot , il n'y a pas de pétrole en Afghanistan. Juste un beau tracé d'oléo/gazoduc, d'où les velléités de contrôle de cette région depuis les Britanniques.)
Massoud est reçu en avril 2001 au Parlement européen par Nicole Fontaine, alors sa présidente, mais les chancelleries ne se mobilisent pas pour autant. Massoud, pourtant,  proposait de lutter contre l'intégrisme des talibans.
Assassiné le 9 septembre 2001, le « lion du Panjshir » n'aura pas permis à l'Europe d'imposer une solution politique négociée avant que les Américains ne tentent de résoudre le problème des talibans par la guerre et les bombardements massifs.
Aujourd'hui, la terreur a fait des petits, comme Boko Haram et Daesh...
Ceux qui ont le malheur de se battre contre plusieurs ennemis ne sont généralement pas ou peu compris, leur cause est peu lisibles. C'était un ennemi des communistes et un ennemi des islamistes..... Il pensait naïvement pouvoir combattre les deux et obtenir de facto un soutien occidental qu'il n'eut jamais.
On connaît la suite..
Les lâches paient toujours le prix.

Pierre-Jean Duvivier               9.9.2015


Migrants d'ici, migrants d'ailleurs...

Il y a quelques siècles, une partie de ma famille fuit les persécutions religieuses et trouva refuge dans le Jura français et suisse. Là, ils rebâtirent une vie faite de travail et de privations, dans un environnement hostile. (Les vallées sont, en hiver, une petite Sibérie). Ils étaient des réfugiés et ils trouvèrent une terre pour repartir. Pas de nazillons pour leur dire qu'ils n'étaient pas chez eux.
Dans les années 1860, une autre partie de la famille qui vivait en Savoie choisi la voie de l'exil, car ils avaient tout perdu, ou presque. Ils suivirent les premières troupes françaises en Afrique du Nord. Là, les premières colonies connurent une hécatombe : près de 33% des colons mourraient dès la première année. Eux survécurent.
Cette terre, il la gagnèrent par la force, certes, mais ils s'y installèrent et la développèrent. C'étaient des "migrants" un peu plus forts que ceux d'en face....
Dans les mêmes années, des paysans pauvres de la campagne espagnole autour de Monteforte del Cid dans la région d'Alicante choisirent eux aussi la voie de l'exil et atterrirent sur la côte algérienne. Personne pour leur dire "qu'ils n'étaient pas chez eux".
Ils montèrent une distillerie d'anisette après avoir fait des petits boulots çà et là chez les Français du coin.
Cette distillerie commença à avoir du succès et ils devinrent un peu plus riches.
Ils se marièrent avec les premiers colons décrits plus haut, des "bien français". Mon arrière grand- mère ne parla jamais français, toujours espagnol et personne pour lui dire "qu'elle devait s'intégrer".
Mon grand-père paternel naquit de cette union. Il parlait couramment français, espagnol et arabe. Il se passionna pour l'Afrique en général.
Lui qui était bon en maths dans une famille de petite bourgeoisie d'Afrique du Nord, était en terminal (cas rare à l'époque), avec un an d'avance, quand la guerre l'appela. C'était en 1915. Il devança l'appel, il avait 17 ans. Il le fit non par patriotisme (désolé) mais pour choisir son arme...(l'artillerie). Il fut placé derrière Verdun. Il y perdit ses cousins, engagés avec lui, ainsi que toutes ses illusions.
Il fut démobilisé en 1923. En attendant, la distillerie avait coulé, criblée de dettes. Les parents, malades, n'avaient pu la gérer correctement, et elle fit faillite. Le petit-bourgeois de retour de guerre se retrouva sans son père, mort pendant qu'il était au front, et avec une mère malade, fragile, ...et une sœur.
Lui qui n'avait jamais bêché de sa vie acheta alors à un Arabe (sans le voler !!!!) du Maroc, un lopin de terre perdue derrière Casablanca. Il mit 10 ans à le transformer en une propriété agricole "correcte".
Il se maria à 40 ans avec une descendante des Jurassiens décrits plus haut qui, minés par la pauvreté avait, eux aussi, finit par partir de France. Une France qui les avait rarement compris et les avait délaissés dans leurs montagnes.
Pendant 10 ans, il m'a dit se nourrir des pigeons qu'il tirait...
Ça fait, peut être, partie de la légende, mais je le crois volontiers...
Intelligent, travailleur, aimé par son entourage, rencontrant les bons amis au bon moment, tous juifs d'Afrique du Nord., il réussit à sortir sa propriété, commença à voir venir l'argent et investit un peu dans l'immobilier en construisant un immeuble à Alicante avec ses amis d'enfance. C'était les années 50, 60....
En 1974, le gouvernement marocain l'expropria....
Lui dont la famille avait quelques entrées au palais du roi du Maroc, tomba des nues.... Sa vie basculait à nouveau dans le néant, comme dans les années 30.
Ses projets immobiliers n'avaient pas donné plus de fruits que cela. Il avait réinvesti la quasi- totalité de ses capitaux en Afrique du Nord....
Là, il regarda l'Argentine et les États-Unis, histoire d'y  partir. Mais bon, la France... c'est plus logique non ?
Il débarqua dans une France habitée par la haine à l'encontre des Français d’Afrique du Nord. Il eut toutes les difficultés du monde à se réinsérer (ce qu'il ne fit jamais) et vécut d'à peu près de rien jusqu'à sa mort. Il n'avait jamais cotisé pour rien.
Chirac dédommagea ma grand-mère...après sa mort (dédommagement d'Afrique du Nord).
Il fut "un exilé de l'intérieur", arriva dans un pays qu'il ne connaissait pas et où son accent de pied noir lui colla à la peau comme une malédiction. Il se décrivait d'ailleurs comme un exilé et répondait qu'il était marocain, et non français.

Il faut toujours savoir d'où on vient...et j'invite tous ceux qui, actuellement, voient dans d'autres réfugiés une menace, à s'ouvrir à leur propre histoire...Vos familles ont parfois vécu à un moment donné l'exil forcé de quelques, ou de plusieurs milliers, de kilomètres  ... Dans tous les cas on ne part jamais pour le plaisir... Jamais... Que vous vous appeliez Mohamed ou Paul

Pierre-Jean Duvivier               7.8.2015


La nouvelle politique frontalière de la Hongrie de Victor Orban : propagande pour les vues et méthodes de la droite dure en Europe ?

La Hongrie vient d'achever de clôturer sa frontière avec la Serbie à l'aide d'une barrière de barbelés. Les migrants et réfugiés qui remontent vers la zone Schengen par le territoire serbe, doivent désormais la franchir de force, ou se laisser appréhender par la police et les gardes-frontières hongrois. Immatriculés en Hongrie, pays qui n'accorde que peu le droit d'asile, les migrants ne pourront pas déposer de nouvelles demandes de ce type dans un autre pays européen.
L'UE ne sait que faire face à cette crise migratoire. Bruxelles, comme les différents gouvernements qui concourent à sa direction, se renvoient le problème comme s'il s'agissait d'une patate chaude. On entend, ici et là, des critiques sur le manque de solidarité des voisins, des promesses d'aide économique, de vagues débuts de réflexions sur l'échec de l'aide au développement en Afrique, des affirmations creuses sur la nécessité de réfléchir à la résolution du problème syrien, des appels à l'humanité, des mises en garde des services de renseignements sur le danger potentiels représenté par certains de ces nouveaux immigrés, des interrogations sur la situation économique dans l'UE et sur sa capacité à absorber des gens sans diplômes reconnus... Tout et rien. Et pendant ce temps, Victor Orban, chef du parti de droite Fidesz, allié à l'extrême droite hongroise du parti Jobbik, fait verrouiller sa frontière, fait donner sa police, et semble le seul Europe à contenter ceux qui pensent que des gens qui franchissent toutes les frontières, s'allient avec toutes les mafias, contournent tous les obstacles légaux, ne doivent pas être les seuls à donner la mesure du droit en Europe.
Cela constitue une propagande redoutable en faveur de ceux qui pensent que seule la droite dure aura l'énergie nécessaire pour faire face au quart de siècle de migrations sud-nord qui attend l'Europe. C'est une mauvaise nouvelle pour le libéralisme, sous toutes ses formes.

Bernard Antoine Rouffaer                  31.8.2015


« Les « technocrates » n’aiment pas la démocratie ! »

Au moment de la création de l'Euro, les « technocrates » ont oublié quune monnaie unique nest tenable que si des transferts fiscaux importants ont lieu.
Cette introduction aurait du être accompagnée par la naissance dun réel budget fédéral européen. Il n'en a rien été.
Au contraire, ils avaient décidé de plafonner les prélèvements pour alimenter ce qui pourrait ressembler à un tel budget.
Dans ces conditions, les moyens de rebasculer vers des monnaies nationales auraient du être maintenus, pour faire face à la crise actuelle.
Mais c'est le statut de la Banque centrale européenne, qui serait à revoir. Que les objectifs qui lui sont fixés prédéterminent les solutions de la politique économique et quelle ne soit responsables que devant des collèges dexperts nest pas admissible.
Et dire que lon confie le sort de nos démocraties à des technocrates, cest quencore une fois, on préfère lapparence et le symbole à lévidence économique et politique !

http://votewatch.blog.tdg.ch/archive/2015/07/06/les-technocrates-n-aiment-pas-la-democratie-268584.html
Charly Schwarz          6.7.2015

L'arnaque fondamentale de la politique est la suivante: on demande systématiquement à 75% de la population d'arbitrer le conflit éternel opposant les 5% les plus riches aux 20% les plus pauvres.

Du coup, ces 75% passent leur temps à se battre entre eux pour défendre les intérêts de minorités auxquelles ils n'appartiennent pas, en croyant défendre les leurs. En vain, sans quoi on le saurait...
Puis ils déplorent, pour la forme, la paupérisation des classes moyennes au profit a) de la prise en charge des plus pauvres (s'ils se disent de droite) et/ou b) des ultra-riches et des multinationales (s'ils se disent de gauche). Forcément, la classe moyenne des uns n'est pas celle des autres. De reproche en reproche, la boucle est bouclée.
Bilan, les plus pauvres sont toujours plus pauvres, les plus riches toujours plus riches et, au milieu, c'est toujours les 75% qui trinquent en croyant bien faire. Dans ces circonstances absurdes, faut-il s'étonner que l'ensemble de l'offre politique ne trouve aucun acquéreur chez 50% de nos concitoyens, lesquels préfèrent s'abstenir que d'avoir à choisir entre ce qui leur est proposé ?
Si on me propose trois variétés de pommes et trois variétés de poires, alors que j'ai envie de fraises, il y a peu de chances que je me laisse tenter. A ce rythme, la démocratie, ce sera bientôt 12.5% (les 25% moins l'abstention) de la population qui décideront pour le reste. Si ce n'est pas déjà le cas.
La gauche, la droite, le centre et tout le reste, c'est juste du vent, des mots qu'on balance au visage de ceux qui ne pensent pas comme nous. A la fin, il ne reste que des pommes et des poires... et toujours cette foutue envie de fraises !

Wiliam K. Rappard                    9 avril 2015

Comment les grands partis politiques se maintiennent-ils au pouvoir, quand bien même la majorité de la population ne croit plus en eux ?

Facile ! En contraignant la démocratie à deux règles d'apparence inoffensive.

a) Le quorum. Une règle partant du principe que certaines formations politiques sont trop petites pour être représentées au législatif. Autrement dit: un déni de démocratie pur et simple pour les citoyens que les grands partis n'ont pas convaincu. Arbitraire et discriminatoire. Depuis le temps que Charly Schwarz en parle, il est temps qu'on l'entende.

b) Le scrutin par listes. Choisir une liste revient à témoigner sa confiance en bloc à un parti politique ou à une coalition - sous réserve de quelques biffages/rajouts. L'électeur qui choisit de n'accorder sa confiance qu'à certains individus et non à un groupe donné est pénalisé par rapport à celui qui vote une liste de manière plus ou moins compacte. A moins qu'il ne remplisse une liste entière, son vote compte tout simplement moins que s'il s'en remet à une liste donnée. C'est mathématique, mais encore faut-il le savoir.

En combinant ces deux règles, les grands partis s'assurent la mainmise systématique sur les élections et minimisent le risque de perdre des sièges au profit de petits partis ou de candidats indépendants. Seule manière de contourner ces obstacles: la provocation et le populisme. On voit bien le résultat avec le MCG qui a parfaitement assimilé la méthode.

La solution: présenter individuellement tous les candidats sur une liste unique et demander aux citoyens de choisir ceux qu'ils préfèrent, indépendamment du parti ou de la coalition auquel ils appartiennent. Et supprimer le quorum.
Là, ça commencerait à ressembler à de la démocratie.

William K. Rappard                     10 avril 2015


Tri sélectif de politiciens, ou : Le monde politique face à la question du réchauffement climatique.

Le monde politique comprend-il vraiment l'ampleur et les conséquences de la question du réchauffement climatique ? En partie, sans doute. Mais pas complètement. Le monde des Trente Glorieuses, caractérisés par les reconstructions massives d'après-guerre, l'espoir porté par l'énergie nucléaire, les transports faciles, la consommation pour tous et le culte du taux de croissance, puis celui des Trente Piteuse qui suivirent et qui en constituèrent la version dégradée et nostalgique, a accompagné le mûrissement d'une grande partie des hommes politiques qui mènent aujourd'hui le monde. Ou qui tentent de le faire. Avoir vécu sa jeunesse dans un telle ambiance, avoir reçu la marque de cette culture si particulière, celle du « paradis vulgaire » de l'Occidental d'après-guerre, a laissé des traces indélébiles chez la majorité d'entre eux. Ceux-là ne comprendront jamais vraiment la problématique du réchauffement climatique, ses causes et ses aboutissements. Ils resteront à jamais marqués par leurs années d'apprentissage, par les impressions de leurs jeunesses.

Depuis l'an 2000, une autre ère de l'histoire humaine s'est ouverte. L'une de ses caractéristiques est l'importance prise, chez les esprits alertes, par les questions environnementales. En accord avec leur époque, une nouvelle classe de politiques s'est imposée. Elle comprend la gravité des défis auxquels notre monde doit faire face. Il ne s'agit plus de tenter de retrouver les conditions du bonheur, tel qu'imaginé dans les années soixante du XXe siècle, c'est-à-dire du pétrole bon marché, une grande liberté de bâtir et des  taux de croissances élevés, mais de préparer l'humanité aux chocs que représenteront les bouleversement climatiques et l'expansion démographique de l'espèce.
Ces chocs seront terribles, ils affecteront toutes les bases de notre civilisation. Plus vite nous prendrons les mesures nécessaires pour y faire face, moins coûteux seront ces préparatifs. Cela, cette nouvelle génération de politiques l'a compris. Elle assume ses responsabilités, elle cultive son sens de l'honneur, en s'efforçant de préparer leurs concitoyens à passer ce cap difficile.
Pour l'observateur, il y a donc un tri à faire entre deux catégories de politiciens : ceux qui regardent vers le passé, et ceux qui regardent vers l'avenir. Les nostalgiques et les courageux ; les rêveurs et les lucides.

Bernard Antoine Rouffaer                    14.4.2015  


Comment les grands partis politiques se maintiennent-ils au pouvoir, quand bien même la majorité de la population ne croit plus en eux ?

Facile ! En contraignant la démocratie à deux règles d'apparence inoffensive.

a) Le quorum. Une règle partant du principe que certaines formations politiques sont trop petites pour être représentées au législatif. Autrement dit: un déni de démocratie pur et simple pour les citoyens que les grands partis n'ont pas convaincu. Arbitraire et discriminatoire. Depuis le temps que Charly Schwarz en parle, il est temps qu'on l'entende.

b) Le scrutin par listes. Choisir une liste revient à témoigner sa confiance en bloc à un parti politique ou à une coalition - sous réserve de quelques biffages/rajouts. L'électeur qui choisit de n'accorder sa confiance qu'à certains individus et non à un groupe donné est pénalisé par rapport à celui qui vote une liste de manière plus ou moins compacte. A moins qu'il ne remplisse une liste entière, son vote compte tout simplement moins que s'il s'en remet à une liste donnée. C'est mathématique, mais encore faut-il le savoir.
En combinant ces deux règles, les grands partis s'assurent la mainmise systématique sur les élections et minimisent le risque de perdre des sièges au profit de petits partis ou de candidats indépendants. Seule manière de contourner ces obstacles: la provocation et le populisme. On voit bien le résultat avec le MCG qui a parfaitement assimilé la méthode.
La solution: présenter individuellement tous les candidats sur une liste unique et demander aux citoyens de choisir ceux qu'ils préfèrent, indépendamment du parti ou de la coalition auquel ils appartiennent. Et supprimer le quorum.
Là, ça commencerait à ressembler à de la démocratie.

William K. Rappard                 10.4.2015  
 




Dans la tête d'un xénophobe ordinaire.
(à lire jusqu'au bout...)

Mes grands-parents se sont installés en Suisse pour y travailler dans le bâtiment. Mon grand-père s'épuisait sur les chantiers, tandis que ma grand-mère faisait le ménage dans les dortoirs des ouvriers saisonniers, pas toujours reluisants.
Dans leur pays d'origine, ils étaient tous les deux enseignants, mais l'après-guerre a consacré d'autres priorités que l'éducation. Les enfants délaissaient les cours pour aider à la reconstructions ou aux champs et les salaires n'étaient plus payés.
Lorsque ma grand-mère est tombée enceinte, mon grand père s'est finalement décidé à émigrer. En Suisse, ils ont travaillé d’arrache-pied pour que mon père et ma tante (des jumeaux) puissent terminer leurs apprentissages respectifs.
Papa est devenu chef d'équipe dans une grande entreprise de construction et a rencontré Maman à l'occasion d'un séminaire sur la sécurité au travail, il y a 25 ans. Elle y tenait si bien le vestiaire (un job d'été) que mon père a voulu lui confier toutes ses fringues. Toutes.
Elle s'est faite désirer quelques mois avant de céder à sa gouaille et à son charme latin. Neuf mois plus tard, je faisais mon entrée fracassante dans ce monde.
Malheureusement, ça n'a jamais fonctionné avec les parents de ma mère: des Suisses de souche, plutôt conservateurs et peu enthousiastes à l'idée de compromettre leur lignée. A moins forte raison par les œuvres d'un fils d'immigré séducteur.
Mon père n'était pas encore suisse, à cette époque, mais l'est devenu en épousant ma mère, malgré la défiance de ses beaux-parents et alors que j'étais encore tout gosse. Ils n'ont pas assisté à la cérémonie, en signe de réprobation. J'en garde le vague souvenir de ma mère qui pleurait l'absence de son père face à l'officier d'état civil. Elle s'est consacrée à mon éducation pendant que mon père cravachait au boulot.
Mes grands-parents paternels sont morts quelques années plus tard, à quelques jours d'intervalle. Ma grand-mère a confié à mon père qu'en dépit du temps passé dans ce pays et de tout ce qu'ils lui devaient, ils s'en étaient toujours senti rejetés. J'en conserve l'image d'un couple fier et soudé (et une recette incomparable de tarte aux myrtilles que ma mère n'a jamais su reproduire exactement).
Alors que j'étais ado et faisais l'objet des moqueries de certains imbéciles de ma classe, mon père m'a expliqué qu'il se sentait également mis à l'écart en raison de notre patronyme et de l'attitude de ses beaux-parents, toujours hostiles en raison de ses origines.
Il ne comprenait pas qu'en dépit de ses mérites, on persiste à le mette dans le même panier que les requérants d'asile ou les frontaliers, de plus en plus nombreux (et ambitieux) dans son entreprise.
Plus tard, il m'a confié qu'un Français, musulman de surcroît, convoitait sa place. Qu'est-ce qu'on deviendrait si son patron décidait de le virer pour engager un étranger moins cher à sa place ? Il m'a expliqué que c'était arrivé à trois collègues, dont celui qui l'avait formé à son arrivée dans la boite.
Moi aussi, ça m'énerve de voir ces gens prendre nos postes, alors que nous sommes là depuis 3 générations ! Ma mère est inquiète et mon père devient irritable. Entre les deux, ça ne va pas fort depuis quelques temps.
Quand j'écoute les débats politiques à la télé, j'ai l'impression que ces tocards ne comprennent pas. Ils ne comprennent pas les sacrifices que nous avons endurés pour faire notre place dans ce pays. Ils n'ont aucune idée de notre fierté d'en faire partie, malgré les injures, les blagues et les petites allusions quotidiennes à nos origines.
Ne réalisent-ils pas que leur laxisme en matière d'immigration et leur soumission aux autorités étrangères rendent la Suisse perméable aux pires crapules, aux profiteurs et aux extrémistes ? J'ai l'impression qu'ils vivent dans un autre monde, qu'ils pensent que les attentats, le chômage et autres saloperies n'arrivent qu'aux autres, qu'ils ne pigent rien, alors que c'est énorme.
Il y a bien ce type gominé que tout le monde déteste, mais qui a l'air de comprendre mieux que les autres. Il a fondé un parti politique dont on parle beaucoup et qui pose les vraies questions. Ils ont même fait élire un Conseiller d’État qui semble tout-à-fait modéré.
Plus j'entends les autres politiciens tergiverser, plus j'ai l'impression qu'ils sont les seuls à me comprendre, à comprendre que j'ai peur pour la Suisse. Comme eux, je refuse que des nouveaux venus mal intentionnés prennent notre place, alors que nous l'avons si difficilement conquise.
J'ai adhéré à son parti. Je me sens enfin entouré et fort. On nous reproche de faire trop de bruit, mais on dit à haute voix ce que tout le monde pense. On n'est pas des fachos, ni des racistes, mais la Suisse ne peut pas accepter tout le monde. Elle doit faire des choix. C'est ce qu'on essaie d'expliquer aux gens, même s'il faut hausser le ton ou jouer sur les mots.
Il est temps de faire preuve de fermeté. La Suisse doit se protéger des dealers et des mafias. Les statistiques sont éloquentes et démontrent que 90% des prisonniers sont étrangers... et personne ne bronche !?
Des fois, j'ai l'impression que les autorités sont de mèche, qu'elles laissent faire. Il n'y a qu'à voir avec les banques... Je suis certain que le dépanneur afghan en bas de l'immeuble blanchit l'argent des dealers et verse une partie des profits à la police. Je n'ai aucune preuve, mais un voisin m'a dit que tout le monde le savait dans l'immeuble. Peu importe, même si c'est faux, c'est inadmissible.
Et dire que ce sont ces gens qui nous volent nos emplois. J'ai terminé mon apprentissage d'employé de commerce l'an dernier, mais je ne trouve toujours pas de job. J'ai envoyé 50 candidature, mais on me fait toujours comprendre qu'un autre candidat possède un profil plus adéquat ou qu'il me manque les langues. Je suis sur qu'ils engagent des étrangers à ma place.
Bientôt la fin des indemnités. Bientôt la sortie du chômage et l'entrée à l'assistance publique. Bientôt la honte, par la faute de tous ces immigrés, de tous ces frontaliers et de nos politiciens incapables de nous en débarrasser.
Et toujours ces noirs, en bas de l'immeuble, qui se croient chez eux et écoutent de la musique toute la journée en beuglant, hiver comme été. Je suis certain qu'ils touchent plus d'indemnités que moi, alors qu'ils passent leurs temps à magouiller des affaires louches. Ils me donnent des envies de massacres.
Un jour, je crois que sur un coup de tête, je vais m'en aligner quelques uns avec mon arme de service. Plus agréable et plus utile que les tirs obligatoires. On m'accordera probablement des circonstances atténuantes et je passerai quelques années dans ces palaces qui leur servent de prisons.
Une manière comme une autre de libérer des postes de travail pour les résidents honnêtes, comme l'ont été mes parents et mes grands-parents avant moi.
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Ps. Désolé pour ce texte, aussi pénible à écrire qu'à relire et donc probablement à lire tout court. Je tente d'y décrire le syndrome de Stockholm qui caractérise la relation entre les partis extrémistes et leurs sympathisants. Un exercice fastidieux.
Tout cela n'est, bien entendu, que pure fiction.
13.03.2015



SUR L'ALLIANCE NATIONALE DES VERTS ET DES VERTS'LIBERAUX.

On annonce, au niveau suisse, une alliance entre les Verts et les Verts'libéraux. Ce changement tactique s'est produit après l'aveu de la direction des Verts que les seuls alliés nationaux de circonstances, sur les questions d'écologie, se trouvaient être les Verts'libéraux. J'approuve un tel rapprochement. Le PVL est, pour l'essentiel, en Suisse alémanique, fidèle à l'orientation désirée par ses fondateurs zurichois.
Tel n'est pas le cas en Suisse romande. Dans les cantons de Genève et, tout spécialement, de Vaud, la politique du PVL ne doit être regardée que comme une version allégée de celle du PLR. Un « PLR light ». Qu'il s'agisse de son personnel dirigeant, de ses inclinations idéologiques ou de ses actions sur le terrain, tout indique que l'idée verte'libérale y a été détournée de son but premier pour servir des intérêts étrangers à l'écologie. Ce à quoi on a affaire, en Romandie, c'est à un coup de peinture verte appliquée à des politiciens de la droite traditionnelle. Et les électeurs à sensibilité écologiste sont prié d'en être dupe.

Bernard Antoine Rouffaer                     03.02.2015


Des panneaux électoraux...

Sur le chemin de l’Étude, je passe plusieurs fois par jour devant la série d'horribles panneaux disposés à l'extrémité de la promenade Saint-Antoine à chaque votation.
J'ignore si ce mode de communication produit des résultats sur le vote des citoyens, mais si c'est le cas, il y a probablement lieu de s'en inquiéter.
Il est impossible d'apprendre quoi que ce soit à la lecture d'une affiche de propagande politique, à l'exception du positionnement de ceux qui en financent l'impression (et encore...). Les arguments qui s'y étalent sont si simplistes et intéressés qu'ils confinent toujours à la caricature, lorsqu'ils ne sont pas délibérément trompeurs.
Ne reste plus à la fin qu'une forêt informe de OUI et de NON disposés de manière particulièrement inesthétique aux quatre coins du canton. L'agression visuelle (et mentale) est si intense qu'on se demande si la protection du paysage et/ou les services sanitaires ne devrait pas intervenir pour y mettre un terme.
Même raisonnement avec les tous-ménages qui encombrent nos boites aux lettres et les esprits fragiles des vieux qui les lisent, à défaut d'autre chose.
L'un des problèmes de la politique actuelle tient probablement à l'obsolescence de sa communication, dont la violence, la médiocrité et le caractère intrusif ont tendance à décourager l'action citoyenne. Avec de telles méthodes en guise de menu, rares sont ceux qui sont assez fous et/ou assez téméraires pour goûter pareil bouillon.
Qu'on ne s'étonne pas que la plus grande force politique de Suisse soit aussi sa plus grande faiblesse: l'abstention.

William K. Rappard        20.2.2015


Gauche et Droite, une nouvelle configuration de l'écologie politique.

Je suis de droite, parce que la responsabilité est une valeur démocratique et que l’état ne doit pas rendre ses administrés dépendants, mais il doit tout mettre en œuvre pour leur faire retrouver autonomie et dignité.
Je suis de gauche, parce que la solidarité est une valeur essentielle pour moi, elle est ce lien qui crée un sentiment d'appartenance qui permet le « vivre ensemble ».
Je suis de droite, parce qu'il faut un État facilitateur, souple et une administration restreinte qui ne doit pas materner ses citoyens mais les aider à créer et à prendre des risques.
Je suis de gauche parce que je souhaite un État qui restaure des règles sociales et d'équité, qui assure aux meilleures conditions l'accès aux services essentiels (éducation, santé, logement, sécurité, mandats publics, social).
Je suis de droite parce qu'il faut restaurer l'idée d'autorité et que l’état doit en assumer sa part de responsabilité.

Au-delà de ces stéréotypes, je pense que les clivages et les choix de société d'aujourd'hui qui vont avoir un impact sur notre avenir ne correspondent plus à la pseudo-fracture droite/gauche que veulent nous vendre 90% des politiques qui en ont fait une rente de situation. On nous vend une organisation de la pensée politique issue du XVIIIème siècle alors qu'au XXIe se déroule une réorganisation de la société via le flux d'information, l'impact de l'homme sur la nature et la terre sans précédent, un mélange de culture et un remodelage du monde, comme l'humanité n'en a jamais connus.

Les vrais défis sont à venir. Je suis un écologiste progressiste !

Charly Schwarz          18.12.2014


Demain est mort. Le mal est fait.

Nous en sommes de nouveau à ce moment de l'Histoire; celui qui désigne catégoriquement l'ennemi: le musulman.

Le mauvais musulman, s'entend. L'intégriste, le fanatique. Comme le mauvais allemand d'hier, le mauvais juif d'avant-hier et tous les autres mauvais-je-ne-sais-quoi de l'Histoire.

Les douze victimes - et pas seulement les dessinateurs stars dont on ne fait que parler - ne sont pas les seules sacrifiées sur l'autel de notre besoin viscéral de haine et de sang.Tous les barbus et toutes les voilées d'ici et d'ailleurs paieront le prix de notre goût trop humain pour le mépris et la violence.
Lequel prix nous vaudra représailles et damnation en retour. Et ainsi de suite jusqu'au prochain gros "bug" multi-millionnaire en victimes (et multi-milliardaire en dollars).

D'aucuns estiment que la 3ème guerre mondiale a déjà commencé. C'est aussi mon opinion et croyez-moi, j'adorerais que l'avenir me donne tort ! Pour une fois, le gros du carnage n'a pas lieu en Europe, ce qui permet de continuer à nier l'évidence sous nos latitudes.
Ce qui s'est produit à Paris constitue une piqûre de rappel particulièrement abjecte, comme l'est sa récupération médiatique, sans parler de la récupération politique à venir.

Les musulmans sont condamnés à la purge complète de leurs intégrismes, à coups de drones s'il le faut; ce qui n'ira pas sans carnages, y compris chez nous.

L'Histoire est écrite et celle-ci se terminera mal.
Demain est mort. Il faudra attendre, ne rien céder à la haine et préparer après-demain tous ensemble.
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Ps. Je crois qu'à défaut d'envie, j'avais besoin d'en parler...

William K.  Rappard           8.1.2015


Notre système pénitentiaire devient dangereux pour la société.

Par William K. Rappard

Il embastille des malades au lieu de les soigner et s'acharne à traiter des pathologies qui n'en sont pas. Il relâche des coupables locaux pour mieux détenir les prévenus étrangers, sans rapport avec la gravité des actes reprochés.
La psychose sécuritaire et le manque de moyens humains ôtent petit à petit toute logique aux sanctions et aux mesures, devenues illisibles, tant pour les détenus concernés que pour le personnel encadrant et les autorités compétentes (TAPEM, SAPEM, CED, notamment).
Les mesures thérapeutiques brillent par leur absence de cohérence, en raison des perpétuels changements de staff dans les établissements concernés, alors que les circonstances commanderaient pourtant de la continuité.
Chaque acteur du système refile la "patate chaude" au suivant, pendant que des détenus voient leur état empirer, sans espoir d'amélioration. Le droit, même lorsqu'il est correctement appliqué, est devenu impuissant à contenir les dérives politiques du système.
Au train où vont les choses en matière d'exécution de peine, nous nous dirigeons droit vers une catastrophe institutionnelle et sociale: des sanctions à la fois disproportionnées et inaptes à prévenir la récidive.
Monsieur Maudet, pour lequel j'ai le plus grand respect, cherche à tout contrôler de loin, sans jamais rencontrer les détenus au sujet desquels il statue. De mon point de vue, cette approche est mauvaise.
Désormais, il devrait choisir: soit il délègue ses décisions à quelqu'un qui fera l'effort de rencontrer les intéressés en personne, si possible plus d'une fois, soit il s'y colle lui-même.
A défaut, son bilan risque d'en prendre un coup à moyen terme...


Genève, 27.11.2014



Il m'aura fallu vingt-huit ans pour m'intéresser à la politique et seulement quatre pour m'en dégoûter complètement.

par W. K. Rappard

Dans les sphères du "pouvoir", tout sonne faux. Les déclarations sont calculées, conçues pour dissimuler les réelles intentions et enduire les intérêts particulier d'une vaseline politiquement correcte.
L'honnêteté est feinte. Les personnages politiques se veulent lisses, parfaits, excessivement entiers. Y compris dans leurs excès qui les transforment en caricatures d'eux-mêmes. Les journalistes gobent à pleine bouche, jusqu'à la nausée.
La gauche ressemble à la gauche et la droite ressemble à la droite. Les extrêmes sont fidèles à eux-même. Plus rien ne se crée, mais désormais, tout le monde commence à perdre. De nouveau.
Après le festin, c'est l'indigestion. De nouveau.
Pour apprendre de nos erreurs, encore faut-il les reconnaître et les assumer. Mais aujourd'hui, plus personne n'ose reconnaître qu'il a eu tort. On se justifie de tout pour ne pas perdre la face. Y compris de l'injustifiable.
Devant les électeurs, on se bouscule pour endosser les succès en se refilant les échecs au gré des opportunismes en vigueur. Séduction par l'esquive ou élégante lâcheté ? Une partie de rugby en fauteuils roulants, dont nous serions le ballon.
Joli ballon. Nous. Imparfaits, alignés ou anarchiques, heureux, mais insatisfaits, parfois de gauche et parfois de droite, incohérents, excessifs, cyniques et naïfs, imprévisibles, créatifs, passionnés et blasés.
Avec nos différences de langues, de cultures, d'habitudes, d'éducation, de parcours, de personnalités, de rêves et de réalités. Avec nos qualités et nos vices. Nos décisions et nos contraintes. Chacun son étron !
Nous. Ni lisses, ni parfaits, mais parfois caricatures de nous-mêmes, gobant des sornettes enrobées et régurgitées bruyamment par les journalistes que nous sommes tous devenu. Nous et notre faculté invraisemblable à ne jamais reconnaître nos erreurs.
Il est logique que la politique soit à notre image. Encore faut-il qu'elle l'assume, puis que tel est le devoir de nos représentants.
Je me réjouis du jour ou un politicien osera dire: "J'ai commis une erreur. Voilà les conséquences que j'en tire. Compte tenu des responsabilités qui m'incombent, je m'engage à modifier mon approche en tenant mieux compte de l'avis de mes détracteurs".
Pour le moment, ça reste bloqué sous la glotte... Une bonne tape dans le dos ?
La Politique n'est pas la politique. La Politique, c'est toi, maintenant, tel que tu es, avec le respect que tu mérites.
La Politique, c'est nous. Nous tous, sans distinction. C'est aussi simple que ça.
J'aimerais bien qu'un Politicien dise ça aux gens... et le pense.


22.10.2014


EIIL, EIIS, EI ?

On se pose quelques questions sur le nom à attribuer au groupe islamiste qui opère en Syrie, en Irak, qui assiège présentement Kobané, et qui vient de proclamer la résurrection du Califat.
"État Islamique en Irak et au Levant" est synonyme de "État Islamique en Irak et en Syrie". Le "Levant", géographiquement, c'est la Palestine, le Liban, la Syrie et le Sandjak d'Alexandrette. « État Islamique » est un simple raccourci. Je pense qu'il faut nommer ces gens comme ils se nomment eux-même, et les prendre au sérieux. L’État Islamique dont on parle n'est pas le seul, d'ailleurs: les "Républiques islamiques" d'Iran, du Pakistan, d'Afghanistan et de Mauritanie en sont aussi. Ainsi que les États monarchiques de la péninsule arabique (Arabie saoudite, Qatar, ...). On devrait pouvoir ajouter à la liste, de facto, le Maroc, l'Algérie, le Soudan, ...
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_islamique

Bernard Antoine Rouffaer            14.10.2014