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Réserve
Club de réflexion politique, écologique et stratégique.

  « Confinement ou pas ? Des chiffres. Et ils ne sont pas favorables au confinement »

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La crise économique qui vient
par Bernard Antoine Rouffaer

Notre système économique, en Europe, en Asie, en Amérique du Nord, repose sur les échanges, les flux de personnes, de capitaux, de marchandises. Les individus font circuler l'argent, circulent eux-mêmes, mènent leurs affaires, en font faire à d'autres. Bloquer ces flux revient à asphyxier le système économique.
C'est ce que les gouvernements de nombreux pays du monde ont décidé de faire afin d'entraver la circulation du SARS-CoV-2. Le confinement est une mesure de fortune, un peu désespérée, qui ne donne de résultat que momentanément. Mais, devant l'impréparation, devant l'imprévoyance,  devant l'irresponsabilité, il ne restait plus que cela. Comme en Chine, mais après avoir gaspillé un délai d'alerte de plus d'un mois.
Ce qui ne sera pas momentané, par contre, c'est bien le choc reçu par l'économie mondiale. Et les estimations du niveau de la récession, cette baisse continue de la création de biens et de services dans une économie, tombent désormais régulièrement. Et, derrière les chiffres, il y a les réalités, les personnes.
Selon le FMI, l'Europe va être durement frappée ; l'Italie va subir, en 2020, une récession de - 9,1%, l'Espagne de - 8%, la France de -7,2%, l'Allemagne de -7%, le Royaume-Uni de - 6,5%. Ce même organisme nous annonce un rebond d'activité en 2021, mais après quels dégâts ? Les dettes des États, déjà élevées, vont lourdement augmenter. Celle de la France va très probablement atteindre les 120% de son PIB. L'économie des USA va se contracter, en 2020, de - 5,9%.
Les grandes sociétés ne seront que peu touchées par la diminution momentanée de leur chiffre d'affaire, et par la nécessité du recours supplémentaire à l'endettement. Elles disposent de réserves, elles savent pouvoir compter sur les crédits bancaires obtenus avant la crise ; en cas de resserrement du crédit par les établissements financiers, elles peuvent émettre des obligations - captant ainsi directement l'épargne privée - ou faire jouer leurs réseaux d'influence au sein du système politique pour contraindre les banques privées à leur consentir de nouveaux prêts. Par- dessus tout, les grandes entreprises peuvent compter sur le soutien des banques centrales. L'immense majorité d'entre-elles, donc, ne périra pas.
Mais ce qui s'applique aux grandes entreprises ne l'est pas aux petites. Ces dernières sont plus fragiles, souvent dépendantes de grosses sociétés, très exposées à un seul marché ou à un nombre réduit de clients. Et leur trésorerie n'est bien souvent que fort peu garnie. Elles ont du talent, mais le souffle court. Dans cette triste affaire, ce sont les PME qui payeront le prix le plus lourd.   
Concrètement, cela signifie des faillites nombreuses, des dettes non-recouvrables, une énorme perte de capitaux et de compétences, une destruction de structure, du chômage de masse, de la détresse sociale. Dans les pays développés, les assurances sociales, les États, viendront en aide à tous ces malchanceux. Cela les aidera à passer ce cap difficile, sans leur épargner les souffrances liées à la perte de leur statut social. Les pays d'Europe, hélas, ne sont pas les USA : on ne s'y relève pas aussi facilement. Malheur à celui qui a fait faillite !
En Europe, en Amérique du Nord, des organismes encadrent et soutiennent les chômeurs et les gens sous-employés, ils font en sorte que les dégâts sociaux ne deviennent pas trop graves. Mais nombre de pays ne connaissent pas ces allégements. Leurs États n'y ont pas les moyens d'aider les chômeurs, les petits entrepreneurs ayant fait faillite, les indépendants sans clients, tous les fragiles acteurs du secteur informel. Dans beaucoup de régions pauvres du monde, c'est à la famille que revient la charge d'aider ses membres en difficultés.
Jetons un œil sur les emplois menacés dans de semblables régions.  
Voyons ce qui se passe au Moyen-Orient. L'Organisation arabe du tourisme prévoit des pertes de 40 milliards de $ d'ici fin avril ; 1,7 millions d'emplois y sont menacés. Passons en Afrique noire : en Afrique du Sud, 1,5 millions d'emplois liés au tourisme risquent de disparaître, 95% des avions des compagnies aériennes de cet immense continent sont cloués au sol. D'après la Banque Mondiale, la récession en Afrique, en 2020, devrait se situer entre -2,1% et -5,1%, dans des pays où la progression démographique ne ralentit pas. Toujours selon la Banque Mondiale, l'Afrique du Sud et le Nigeria, les deux géants économiques du continent, devraient subir une récession de - 6% à -7%. Selon l'Union Africaine et l'ONU, entre 20 et 50 millions d'emplois, formels et informels, sont menacés.

Ces pertes économiques n'auront-elles que des conséquences sociales ? Certes, non ! L'explosion de la pauvreté, dans un contexte de progression démographique, au Moyen-Orient, en Afrique noire, en Asie du Sud, est la porte ouverte à des troubles sociaux. Et, dans des pays qui n'ont guère les moyens de satisfaire des revendications sociales, qui connaissent la dictature, les inégalités économiques les plus franches, qui sont fragilisés par des antagonismes confessionnaux ou ethniques, un tel échauffement des populations est la voie la plus directe vers des explosions de violence. La Syrie, en ce siècle, a connu un semblable processus destructeur, jusqu'à la guerre civile, la destruction de son patrimoine et l'exode d'une part massive de sa population.

Quand les esprits se seront calmés, pour ce qui est de cette crise du Covid-19, il faudra faire le compte des craintes, des pertes réelles, des exagérations, et des responsabilités.

Bernard Antoine Rouffaer
15.4.2020


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essai divers                                          «    »
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Comment les grands partis politiques se maintiennent-ils au pouvoir, quand bien même la majorité de la population ne croit plus en eux ?

Facile ! En contraignant la démocratie à deux règles d'apparence inoffensive.

a) Le quorum. Une règle partant du principe que certaines formations politiques sont trop petites pour être représentées au législatif. Autrement dit: un déni de démocratie pur et simple pour les citoyens que les grands partis n'ont pas convaincu. Arbitraire et discriminatoire. Depuis le temps que Charly Schwarz en parle, il est temps qu'on l'entende.

b) Le scrutin par listes. Choisir une liste revient à témoigner sa confiance en bloc à un parti politique ou à une coalition - sous réserve de quelques biffages/rajouts. L'électeur qui choisit de n'accorder sa confiance qu'à certains individus et non à un groupe donné est pénalisé par rapport à celui qui vote une liste de manière plus ou moins compacte. A moins qu'il ne remplisse une liste entière, son vote compte tout simplement moins que s'il s'en remet à une liste donnée. C'est mathématique, mais encore faut-il le savoir.

En combinant ces deux règles, les grands partis s'assurent la mainmise systématique sur les élections et minimisent le risque de perdre des sièges au profit de petits partis ou de candidats indépendants. Seule manière de contourner ces obstacles: la provocation et le populisme. On voit bien le résultat avec le MCG qui a parfaitement assimilé la méthode.

La solution: présenter individuellement tous les candidats sur une liste unique et demander aux citoyens de choisir ceux qu'ils préfèrent, indépendamment du parti ou de la coalition auquel ils appartiennent. Et supprimer le quorum.
Là, ça commencerait à ressembler à de la démocratie.

William K. Rappard     10 avril 2015

Bernard Antoine Rouffaer
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Bernard Antoine Rouffer
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Bernard Antoine Rouffer

Bernard Antoine Rouffaer
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Bernard Antoine Rouffaer





 No Billag (3) : la SSR, pilier de la démocratie ?


Des partisans de la SSR ont été, au cours de la campagne initiée par No Billag,  jusqu'à dire : "Sans un service public c’est la fin de notre démocratie."  
C'est excessif, c'est manipulateur. La fin de la démocratie en Suisse ? C'est-à-dire, la dictature, l'instauration d'un totalitarisme ? Ou encore un régime de bandes armées, de seigneurs de la guerre, de mafias ? Ou une anarchie ? Et ceci, parce que la SSR aurait été contrainte à réduire son immense voilure ? C'est parfaitement absurde.

Une telle opinion témoigne d'une déconnexion complète de la réalité de la vie des habitants de ce pays. Un pays qui compte parmi les plus ouverts au monde, où la population est le plus souvent bilingue, ou trilingue, où les gens cherchent des informations de qualité professionnelle sur toutes les parties du monde, dans tous les domaines possibles, et souvent dans une langue ignorée de la SSR...  

Ne dit-on pas, dans le milieu de la finance, que lorsqu'une information sort dans les médias grand-publics, elle est déjà périmée... ? Quel spécialiste en stratégie, en biotechnologie, en robotique, en algorithme, attendrait de notre Service public de l'information qu'il l'informe sur son domaine de prédilection... ? Quel expert serait assez stupide pour attendre de non-spécialistes, de généralistes, qu'ils le renseignent sur les évolutions de son domaine de compétence... ?

Sur le plan politique, que fait-on de l'esprit civique des citoyens, des élus, de leur capacité à trouver l'information pertinente dans la presse écrite nationale, dans les programmes des radios et des TV locales, dans les journaux régionaux, sur les sites web des institutions et associations, sur ceux des entreprises, des partis politiques, des journalistes indépendants, des blogueurs, dans les banques de données, dans les revues professionnelles, dans les bibliothèques, dans les lettres d'informations spécialisées, dans les ouvrages érudits, dans les dossiers produits par les institutions législatives pour leurs membres, sur les sites web d'information spécialisés...?

La vie politique suisse, et sa démocratie, sont vieilles de 700 ans. Cette forme politique, même rénovée en 1848, serait donc suspendue au sort d'une organisation créée en ...1931 ? La SSR n'est que le produit de l'Agent, qui est l’État helvétique. Elle en dépend, elle en vit, elle est régie par lui. Qui oserait avancer qu'un Produit précède et domine l'Agent qui en est à l'origine ?

On dit aussi que la SSR contribuerait au maintien de la cohésion de notre pays. Autant que l'Armée, le Parlement, les Partis, les Citoyens ? Elle qui ne fournit, dans un pays doté de quatre langues nationales, aucun service de traduction ? Dont les départements sont divisés sur une base linguistique ? Qui veut se renseigner sur ce qui se dit dans les autres régions culturelles de la Suisse doit bien plutôt se servir du Net pour visiter les sites des grands journaux nationaux – privés  –  et se servir, si nécessaire, des systèmes de traduction automatique – généralement issus du monde de l'entreprise anglo-saxon – pour les lire... Ainsi, il saura.

Du point de vue de la vie politique de ce pays, un affaiblissement de la SSR laisserait de la place pour de nombreux jeunes médias, infiniment plus économes... Il en découlera inévitablement un rajeunissement de la vie intellectuelle et médiatique.

Pour finir, je dirais ceci: en quoi la disparition des éléments de programme les moins intéressants de la SSR et les moins dignes d'un service public (séries us, jeux, retransmissions sportives, variété, blockbusters hollywoodiens, ...), au profit d'une chaîne d'information en continu, nuirait au débat politique de notre pays ?

La crédibilité se construit par la modération, la réflexion, la prudence et l'anticipation raisonnée. Elle se perd par l'outrance, l'avidité, l'exagération, la distorsion des faits et la manipulation des esprits. Avec de tels défenseurs, la SSR se porte un coup à elle-même, et prépare fort mal son prochain combat.

Bernard Antoine Rouffaer             11.2.2018

dans politique texte


 No Billag (4) : quel service public pour la Suisse au XXIe siècle ?

De quoi la Suisse a t-elle besoin pour aborder sereinement le XXIe siècle ? Des solutions élaborées au XXe siècle pour résoudre les problèmes du XXe siècle, ou des solutions technologiques adaptées à la résolution des problèmes d'aujourd'hui ?
À quoi doit servir un « service public », dans une société ouverte, informatisée, connectée, de nos jours ? Normalement, un service public – encouragé, financé et protégé par l’État  – doit apporter des réponses aux difficultés, aux blocages, que la société civile, le monde de l'entreprise privée, celui des associations, est incapable de surmonter. Si le service public, bénéficiant des avantage précités, n'existe que pour concurrencer le reste de la société, et s'imposer face à elle, il n'a pas d'intérêt.
Dans les années 30, apporter, par la radio, de la musique au fin fond des vallées alpines était une vrai tâche de service public. Dans les années 60, réunir la famille suisse autour du tout nouveau poste de télévision pour lui montrer des images du monde, était aussi une vrai tâche de service public. Seuls les organismes dépendant de l’État, et recevant une part de sa puissance, étaient capables d'y parvenir. C'est encore ce que fait la SSR aujourd'hui.

Nous sommes maintenant bien entré dans le XXIe siècle. L'internet est apparu, qui double et concurrence entièrement la vieille transmission analogique ou numérique (TNT, TNS), par onde, par câble ou par satellite. Avec l'internet, les outils permettant de l'utiliser sont aussi apparus. Pratiquement tous issu du monde de l'entreprise privée.

Les jeunes générations se sont accoutumées à rechercher elles-mêmes les informations qui les intéressent. Elles n'attendent plus qu'une autorité supérieure, paternaliste, leur dise ce qu'elles doivent voir, quand elles peuvent le voir, et ce qu'elles doivent en penser.
Avec l'apparition du 5e pouvoir, soit les réseaux sociaux, qui permettent une communication aisée entre toutes les couches de la société - à travers des frontières de la langue, de la fortune, de la classe, de la religion, de la géographie - un autre puissant outil de réorganisation sociale et d'information est apparu.
Tout cela a des conséquences. Quand on a pris l'habitude de chercher et trouver immédiatement des informations sur ce qui nous intéresse, et souvent des informations très pointues, on ne peut plus attendre que le personnel des grandes chaînes généralistes veuille bien s'y intéresser (peut-être)... Il s'agit-là d'une révolution copernicienne, de l'équivalent de la Réforme dans l'Europe du XVIe siècle. Le simple citoyen parvient, seul, au résultat, sans avoir besoin d'une tutelle, d'une autorité, d'une direction.
Puisque nous sommes au XXIe siècle, ne devrait-on pas réfléchir aux modèles d'information ...d'aujourd'hui? Et puisqu'il s'agit de l’État, et de la responsabilité qui est la sienne de protéger le pays des dangers nouveaux qui apparaissent, de réfléchir à ce que devrait être un service public adapté à son époque ?

Quels sont ces nouveaux canaux d'information, quels sont ces nouvelles menaces ? Nous les connaissons bien, nous les utilisons tous !  Les grands moteurs de recherche, les réseaux sociaux, les systèmes d'hébergement et de distribution de vidéo (Youtube, Zype, ...), les systèmes de distribution payant de film (Netflix, Amazon Video, ...), les systèmes permettant appels téléphoniques et émail (Skype, Outlook, Google, ...), les systèmes de stockage d'informations (le Cloud computing, ou les systèmes sécurisés)
Et quels sont les menaces ? Précisément ce qui infiltre, paralyse, espionne, détruit les nouveaux systèmes de communication, les systèmes informatiques de contrôle et les installations de stockage de l'information. La liste des attaques informatiques ayant visé des particuliers, des entreprises, des administrations et des États est désormais longue.

Pour ce qui concerne la sécurité informatique, il y a, en Suisse, beaucoup à faire. C'est précisément là qu'on devrait attendre la Confédération (plutôt que de la voir patronner du divertissement ou la laisser prélever une taxe pour montrer du sport à la TV): où est le système d'exploitation national sans backdoor (sous Linux) ? Où est l'antivirus national ? Où est le moteur de recherche national ? Où est le data center sécurisé national ? Où est l'équivalent Youtube national pour les auteurs suisses ? Où est l'équivalent Facebook national pour faciliter communication indépendante et intégration verticale ? Nous avons la jeunesse et l'intelligence qu'il faut pour investir ces espaces, mais nous n'avons pas les systèmes. Et si nous les avons, nous les devons à l'étranger.
La Chine, qui se veut indépendante, a réussi a construire ses systèmes nationaux, l'Inde le veut, même la pauvre et petite Corée du Nord est parvenu a mettre au point un système d'exploitation national... L'UE cherche à lancer un Netflix européen. Manifestement, il y a dans ce monde, en ce domaine, des sociétés politiques plus en avance que la nôtre...

Aujourd'hui, l'armée suisse n'est pas certaine de contrôler le système informatique de ses avions de combat... Les ordinateurs de la Confédération sont quasi tous dotés de systèmes d'exploitation provenant d'un fournisseur réputé pour les failles de sécurité mille fois dénoncées de ses systèmes. Pour ne rien dire des logiciels équipant les ordinateurs privés. Les antivirus utilisés en Suisse sont tous d'origine étrangère. Nombre d'entre-eux sont pourtant originaires de pays plutôt modestes, très comparables, par la taille ou la puissance économique, à notre pays : République tchèque, Israël, Slovaquie, Danemark, Finlande, Roumanie, Espagne ... Sur le plan de la sécurité informatique, l’État a presque complètement failli à sa tâche. Il récolte pourtant 1 360 millions de CHF chaque année par l'intermédiaire de la redevance afin d'entretenir un « service public » destiné normalement à pallier aux faiblesses de l'économie privée en matière de médias...
Qui veut parler sérieusement de service public au XXIe siècle doit parler des moyens contemporains de communication, de contrôle, de sécurité, de diffusion, et non des vieilles techniques, des vieux modes, des vieilles hiérarchies et des vieilles habitudes. De même, il doit s'interroger sur le soutien direct aux producteurs culturels - dans le cinéma, l'édition, le documentaire, le théâtre - tous source d'un soft power nécessaire à la Nation - plutôt que s'enfermer dans de vieux et dispendieux modes d'action.

Bernard Antoine Rouffaer                 12.2.2018

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La Suisse et la cybersécurité

Les grandes attaques informatiques dans le monde

Les grands virus

Les premiers grands piratages informatiques ou techniques

La Confédération installe Windows 10 sur ses ordinateurs

Le logiciel de sécurité Secure Center. « Le logiciel de sécurité SecureCenter est utilisé pour le traitment d’informations électroniques dignes d’être protégées. »

Loi suisse sur la sécurité de l'information. « La loi sur la sécurité de l’information définit les exigences minimales auxquelles toutes les autorités de la Confédération doivent répondre pour protéger leurs informations et infrastructures informatiques. »

La stratégie chinoise d'indépendance informatique et Ubuntu Kirin

Le projet de Netflix européen

Le système nord-coréen Red Star OS

Le système d'exploitation indien

Origine des antivirus utilisés en Suisse:

Eset :  Slovaquie
Panda : Espagne
F-Secure : Finlande
G-Data : Allemagne
ZoneAlarm : Israël
Avira : Allemagne
BitDefender : Roumanie
BullGuard : Danemark
Malewarebytes : USA
AVG : Tchéquie
Norton (Symantec): USA
MacAfee : USA
Microsoft : USA
Kaspersky : Russie
Avast : Tchéquie




 No Billag (4) : quel service public pour la Suisse au XXIe siècle ?

De quoi la Suisse a t-elle besoin pour aborder sereinement le XXIe siècle ? Des solutions élaborées au XXe siècle pour résoudre les problèmes du XXe siècle, ou des solutions technologiques adaptées à la résolution des problèmes d'aujourd'hui ?
À quoi doit servir un « service public », dans une société ouverte, informatisée, connectée, de nos jours ? Normalement, un service public – encouragé, financé et protégé par l’État  – doit apporter des réponses aux difficultés, aux blocages, que la société civile, le monde de l'entreprise privée, celui des associations, est incapable de surmonter. Si le service public, bénéficiant des avantage précités, n'existe que pour concurrencer le reste de la société, et s'imposer face à elle, il n'a pas d'intérêt.
Dans les années 30, apporter, par la radio, de la musique au fin fond des vallées alpines était une vrai tâche de service public. Dans les années 60, réunir la famille suisse autour du tout nouveau poste de télévision pour lui montrer des images du monde, était aussi une vrai tâche de service public. Seuls les organismes dépendant de l’État, et recevant une part de sa puissance, étaient capables d'y parvenir. C'est encore ce que fait la SSR aujourd'hui.

Nous sommes maintenant bien entré dans le XXIe siècle. L'internet est apparu, qui double et concurrence entièrement la vieille transmission analogique ou numérique (TNT, TNS), par onde, par câble ou par satellite. Avec l'internet, les outils permettant de l'utiliser sont aussi apparus. Pratiquement tous issu du monde de l'entreprise privée.

Les jeunes générations se sont accoutumées à rechercher elles-mêmes les informations qui les intéressent. Elles n'attendent plus qu'une autorité supérieure, paternaliste, leur dise ce qu'elles doivent voir, quand elles peuvent le voir, et ce qu'elles doivent en penser.
Avec l'apparition du 5e pouvoir, soit les réseaux sociaux, qui permettent une communication aisée entre toutes les couches de la société - à travers des frontières de la langue, de la fortune, de la classe, de la religion, de la géographie - un autre puissant outil de réorganisation sociale et d'information est apparu.
Tout cela a des conséquences. Quand on a pris l'habitude de chercher et trouver immédiatement des informations sur ce qui nous intéresse, et souvent des informations très pointues, on ne peut plus attendre que le personnel des grandes chaînes généralistes veuille bien s'y intéresser (peut-être)... Il s'agit-là d'une révolution copernicienne, de l'équivalent de la Réforme dans l'Europe du XVIe siècle. Le simple citoyen parvient, seul, au résultat, sans avoir besoin d'une tutelle, d'une autorité, d'une direction.
Puisque nous sommes au XXIe siècle, ne devrait-on pas réfléchir aux modèles d'information ...d'aujourd'hui? Et puisqu'il s'agit de l’État, et de la responsabilité qui est la sienne de protéger le pays des dangers nouveaux qui apparaissent, de réfléchir à ce que devrait être un service public adapté à son époque ?

Quels sont ces nouveaux canaux d'information, quels sont ces nouvelles menaces ? Nous les connaissons bien, nous les utilisons tous !  Les grands moteurs de recherche, les réseaux sociaux, les systèmes d'hébergement et de distribution de vidéo (Youtube, Zype, ...), les systèmes de distribution payant de film (Netflix, Amazon Video, ...), les systèmes permettant appels téléphoniques et émail (Skype, Outlook, Google, ...), les systèmes de stockage d'informations (le Cloud computing, ou les systèmes sécurisés)
Et quels sont les menaces ? Précisément ce qui infiltre, paralyse, espionne, détruit les nouveaux systèmes de communication, les systèmes informatiques de contrôle et les installations de stockage de l'information. La liste des attaques informatiques ayant visé des particuliers, des entreprises, des administrations et des États est désormais longue.

Pour ce qui concerne la sécurité informatique, il y a, en Suisse, beaucoup à faire. C'est précisément là qu'on devrait attendre la Confédération (plutôt que de la voir patronner du divertissement ou la laisser prélever une taxe pour montrer du sport à la TV): où est le système d'exploitation national sans backdoor (sous Linux) ? Où est l'antivirus national ? Où est le moteur de recherche national ? Où est le data center sécurisé national ? Où est l'équivalent Youtube national pour les auteurs suisses ? Où est l'équivalent Facebook national pour faciliter communication indépendante et intégration verticale ? Nous avons la jeunesse et l'intelligence qu'il faut pour investir ces espaces, mais nous n'avons pas les systèmes. Et si nous les avons, nous les devons à l'étranger.
La Chine, qui se veut indépendante, a réussi a construire ses systèmes nationaux, l'Inde le veut, même la pauvre et petite Corée du Nord est parvenu a mettre au point un système d'exploitation national... L'UE cherche à lancer un Netflix européen. Manifestement, il y a dans ce monde, en ce domaine, des sociétés politiques plus en avance que la nôtre...

Aujourd'hui, l'armée suisse n'est pas certaine de contrôler le système informatique de ses avions de combat... Les ordinateurs de la Confédération sont quasi tous dotés de systèmes d'exploitation provenant d'un fournisseur réputé pour les failles de sécurité mille fois dénoncées de ses systèmes. Pour ne rien dire des logiciels équipant les ordinateurs privés. Les antivirus utilisés en Suisse sont tous d'origine étrangère. Nombre d'entre-eux sont pourtant originaires de pays plutôt modestes, très comparables, par la taille ou la puissance économique, à notre pays : République tchèque, Israël, Slovaquie, Danemark, Finlande, Roumanie, Espagne ... Sur le plan de la sécurité informatique, l’État a presque complètement failli à sa tâche. Il récolte pourtant 1 360 millions de CHF chaque année par l'intermédiaire de la redevance afin d'entretenir un « service public » destiné normalement à pallier aux faiblesses de l'économie privée en matière de médias...
Qui veut parler sérieusement de service public au XXIe siècle doit parler des moyens contemporains de communication, de contrôle, de sécurité, de diffusion, et non des vieilles techniques, des vieux modes, des vieilles hiérarchies et des vieilles habitudes. De même, il doit s'interroger sur le soutien direct aux producteurs culturels - dans le cinéma, l'édition, le documentaire, le théâtre - tous source d'un soft power nécessaire à la Nation - plutôt que s'enfermer dans de vieux et dispendieux modes d'action.

Bernard Antoine Rouffaer                 12.2.2018

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La Suisse et la cybersécurité

Les grandes attaques informatiques dans le monde

Les grands virus

Les premiers grands piratages informatiques ou techniques

La Confédération installe Windows 10 sur ses ordinateurs

Le logiciel de sécurité Secure Center. « Le logiciel de sécurité SecureCenter est utilisé pour le traitment d’informations électroniques dignes d’être protégées. »

Loi suisse sur la sécurité de l'information. « La loi sur la sécurité de l’information définit les exigences minimales auxquelles toutes les autorités de la Confédération doivent répondre pour protéger leurs informations et infrastructures informatiques. »

La stratégie chinoise d'indépendance informatique et Ubuntu Kirin

Le projet de Netflix européen

Le système nord-coréen Red Star OS

Le système d'exploitation indien

Origine des antivirus utilisés en Suisse:

Eset :  Slovaquie
Panda : Espagne
F-Secure : Finlande
G-Data : Allemagne
ZoneAlarm : Israël
Avira : Allemagne
BitDefender : Roumanie
BullGuard : Danemark
Malewarebytes : USA
AVG : Tchéquie
Norton (Symantec): USA
MacAfee : USA
Microsoft : USA
Kaspersky : Russie
Avast : Tchéquie

strategie texte 2


 Après No Billag    

Quels enseignements peut-on tirer de l'affaire No Billag ?

1) Que quelque chose n'allait pas dans le royaume, puisque le peuple a dû intervenir... Ce seul fait est le symptôme d'une situation grave. No Billag a joué le rôle du coup de pied dans la fourmilière, de révélateur d'un mal profond.

2) Que rien n'est terminé. Qu'un groupe aussi restreint et peu influent que les Libertariens ait pu lancer et mener à son terme une initiative aussi lourdement anti-SSR en dit long sur le mécontentement de la population. Si l'initiative avait atteint son but, la SSR, telle qu'en son état actuel, aurait disparu. Mais le non-aboutissement de l'initiative ne résout rien. La votation a réglé le sort de l'initiative No Billag, mais n'a fait que cela : le fond du problème demeure non-résolu. Et, partant, l'irritation du Démos. Le problème, donc, demeure entier. Les problèmes plutôt, tant la problématique des médias, et de leur articulation avec l’État, la culture, l'impôt, l'indépendance nationale, la sécurité, la légitimité politique et l'activité de la société civile, est complexe.

3) 800 000 citoyens ont voté pour No Billag, malgré le caractère extrême de la solution proposée. C'est dire s'il sera aisé de trouver 100 000 signatures pour lancer un nouvel assaut contre la riche forteresse du service public. D'autant plus que la campagne a permis aux mécontents, via les réseaux sociaux, de se reconnaître.

4) Deux méthodes principales ont servi à protéger la Forteresse : la lutte sur des avant-postes et les fumigènes. Les avant-postes ont été, surtout, la part de la redevance concédée par la SSR au cinéma suisse (27 mio sur 1200), et la part de la redevance attribuée aux petites TV et radios privées (60 mio sur 1370). La suppression de la redevance aurait donc gravement affaibli ces deux éléments, déjà mal loti, de notre univers culturel et médiatique. La seconde méthode décisive utilisée fut le nuage de fumée. Soit le bombardement du public par des nouvelles exagérées, fausses, alarmistes, destinées à inquiéter le prudent citoyen helvétique. La liste de ces bruits est longue : en cas d'acceptation de No Billag (au choix ou ensemble),  « la démocratie suisse disparaîtrait », « la Presse écrite cessera de paraître », « les émissions sous-titrées pour les mal-entendants n'existeront plus », « le pays sera envahi par des médias étrangers à la solde de puissances financières », « Russia Today remplacera la RTS », « la maison commune des Suisses disparaîtra », « la SSR cessera de porter la réputation de la Suisse à l'étranger », « la Suisse finira »...  Et la liste n'est pas close. Tous ces bruits, ces rumeurs, étaient faciles à réfuter, mais arrivant par surprise et en masse, dans les dernières semaines, ils ont produit l'effet désiré.

5) Le problème est que tout cet arsenal ne pourra vraisemblablement pas resservir. Une ruse éventée, un système de défense sans surprise, conserve rarement son efficacité. Si un second assaut est lancé contre la SSR, il est prévisible que ses initiants prendront la précaution de sauvegarder expressément les intérêts du cinéma, des petites radio et TV privées, et qu'ils auront à cœur de laisser à la SSR les moyens d'animer la magnifique chaîne TV d'information en continu qui manque à ce pays. Quant au soutien sans faille de la Presse écrite à la SSR et sa redevance, il n'est probablement pas entièrement désintéressé. Nous verrons bientôt si notre orgueilleuse télévision publique est partageuse.

6) La SSR a donc quelques années pour se réformer et évoluer. Pas juste un peu, mais lourdement et profondément. Y parviendra-t-elle ? La chose n'est pas assurée, car rien dans son adn ne l'a préparée à cela. En matière de médias, d'impôt, de culture, d'argent et de répartition, dans ce pays, rien n'est donc tranché.      

No Billag a fait sortir le génie de la bouteille ; nulle force au monde ne l'y fera plus rentrer.

Bernard Antoine Rouffaer     5.3.2018
medias


Standard;« L'empire des polices
Comment Napoléon faisait régner l'ordre »
Jacques-Olivier Boudon

La Librairie Vuibert    2017

Quand on évoque la puissance de Napoléon Bonaparte, on parle surtout de sa « Grande Armée » ; on parle de Marengo, d'Austerlitz, d'Eylau, de Wagram, du col de Somossierra, de Borodino. Mais on parle peu de sa police. C'est pourtant sur elle que reposait une large part de son autorité. Non que le régime napoléonien puisse être qualifié de « régime policier » - les succès rencontré par la politique du Premier Consul, puis empereur, dans la pacification des campagnes, la rénovation des procédures administratives, l'apaisement des rapports entre l'Eglise et l'Etat, la refonte des codes de lois,  l'amélioration des réseaux de communication, l'établissement de manufactures, le retour à une  sécurité personnelle, suffisait en grande partie à satisfaire l'opinion – mais que, au sein d'une nation accoutumée aux retournement politiques et très apte aux luttes de partis, la présence et l'action d'une force de police efficace était indispensable. Sans compter la chasse aux insoumis et aux déserteurs, puisque l'une des grandes réformes des gouvernements révolutionnaires, puis de l'empire, fut de faire passer les effectifs de l'armée de 200 000 hommes à plus de 700 000 par l'introduction de la conscription. Cet impôt du sang, presque inconnu de l'Ancien Régime, mal accepté par les populations, spécialement dans  le sud et dans l'ouest de la France, outre qu'il déclencha l'insurrection vendéenne, alimenta un mécontentement latent et fournit une bonne part de ses occupations aux forces de police du régime.
Ce sont ces forces dont l'ouvrage de Jacques-Olivier Boudon dépeint l'origine, l'instauration, l'organisation, le recrutement et l'action pendant toute la période du Consulat et de l'Empire. A coté de la Police, civile et dépendante du Ministère de la Justice, fut créé la Gendarmerie, corps militaire chargé de quadriller le territoire, y compris les nouvelles provinces annexées de Belgique, Hollande, nord de l'Allemagne, Italie et Catalogne. Si la Police ne comptait qu'un nombre restreint de commissaires, et devait compter sur la Gendarmerie pour les opérations d'envergure, cette dernière compta jusqu'à 20 000 hommes dans ses rangs en 1800. La douane, quant à elle, sécurisait les frontières, faisait appliquer les taxes à l'importation et luttait contre une armée de quelques 100 000 contrebandiers...  
L'ouvrage nous fait découvrir la lutte contre le brigandage, l'action d'un Vidocq contre ses anciens compère du bagne, l'agitation républicaine dans le sein de l'armée, la répression religieuse, la garde des prisonniers de guerre, les deux conspirations du général Malet, le complot de Pichegru et de Moreau, les tentatives d'encadrement de la prostitution, la surveillance des Jacobins, ...




Gauche et Droite, une nouvelle configuration de l'écologie politique.

Je suis de droite, parce que la responsabilité est une valeur démocratique et que l’état ne doit pas rendre ses administrés dépendants, mais il doit tout mettre en œuvre pour leur faire retrouver autonomie et dignité.
Je suis de gauche, parce que la solidarité est une valeur essentielle pour moi, elle est ce lien qui crée un sentiment d'appartenance qui permet le « vivre ensemble ».
Je suis de droite, parce qu'il faut un État facilitateur, souple et une administration restreinte qui ne doit pas materner ses citoyens mais les aider à créer et à prendre des risques.
Je suis de gauche parce que je souhaite un État qui restaure des règles sociales et d'équité, qui assure aux meilleures conditions l'accès aux services essentiels (éducation, santé, logement, sécurité, mandats publics, social).
Je suis de droite parce qu'il faut restaurer l'idée d'autorité et que l’état doit en assumer sa part de responsabilité.
Au-delà de ces stéréotypes, je pense que les clivages et les choix de société d'aujourd'hui qui vont avoir un impact sur notre avenir ne correspondent plus à la pseudo-fracture droite/gauche que veulent nous vendre 90% des politiques qui en ont fait une rente de situation. On nous vend une organisation de la pensée politique issue du XVIIIème siècle alors qu'au XXIe se déroule une réorganisation de la société via le flux d'information, l'impact de l'homme sur la nature et la terre sans précédent, un mélange de culture et un remodelage du monde, comme l'humanité n'en a jamais connus.
Les vrais défis sont à venir. Je suis un écologiste progressiste !

Charly Schwarz          18.12.2014


Les Editions A-Eurysthee