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STRATEGIE:  textes (3)

La Suède achète américain

La Suède a choisi le système antiaérien us  Patriot  au détriment du système franco-italien SAMP/T.  L'Europe de la défense est déçue, on parle de pressions américaines, de manque de fiabilité suédoise, de coup porté à la solidarité européenne, ...  

La décision suédoise ne me surprend pas.
Si le but de lachat est de doter le pays d'un système anti-aérien efficace provenant dun pays naturellement rival de l'ennemi potentiel de la Suède, soit la Russie, alors le choix du matériel us, du point de vue de la politique suédoise, se comprend. Même s'il est plus coûteux et pas plus efficace que le SAMP/T.
Il est clair que c'est la Russie qui inquiète Stockholm, que ce pays lui dispute l'espace baltique depuis la fin du XVIIe siècle, qu'il lui a enlevé l'actuelle Estonie, l'actuelle Lettonie, l'Ingrie et la Finlande, qui l'a menacé militairement de 1945 à 1990 et que le retour de l'idée d'une certaine puissance russe pousse naturellement cette capitale dans les bras du plus déterminé des compétiteurs de Moscou.
Et il ny a rien de surprenant à ce que des puissances elles aussi rivales de la Russie dans lEst européen, la Pologne et la Roumanie, fassent le même choix.

Car, quel est le pays voisin de la Russie qui n'a pas eu maille à partir avec l'Ours ? La Suède est son ennemie héréditaire en Scandinavie, la Norvège a été partiellement libérée/occupée en 1945, les États baltes occupés en 1940 puis en 1944-45, la Pologne fut l'ennemie héréditaire de Moscou jusqu'à son dépeçage et son inclusion dans l'empire des Tsars, l'Ukraine est aux prises avec les partisans de Moscou, la Roumanie fut l'alliée des Tsars jusqu'à leur chute puis l'adversaire de l'URSS jusqu'à son occupation en 1944-45, la Turquie est son ennemie héréditaire dans le sud, l'Iran lui a disputé le Caucase et l'Arménie, la Chine lui reproche sa saisie de larges pans de la Sibérie, la Corée faillit devenir un protectorat russe avant 1904 et le Japon a affronté militairement la Russie en 1904-1905, puis l'URSS en 1945.

Que la Russie fasse légitimement partie de la famille des États occidentaux, cela n'est pas contestable, mais que son voisinage soit de tout repos, non.

Bernard Antoine Rouffaer                 29.11.2017

Crise des missiles en Corée du Nord            

Depuis la fin des années 80, la Corée du Nord conduit un programme nucléaire militaire. En parallèle, Pyongyang élabore une panoplie de missiles tactiques et stratégiques, dont les plus gros modèles sont à même de porter des armes nucléaires à de grandes distances. Forcément, cela inquiète un certain nombre de pays voisins, dont certains sont des ennemis idéologiques du régime nord-coréen. Les USA étant devenus le garant de l'indépendance de la Corée du Sud, et de son encrage dans le groupe des États libéraux, après 1945, prennent très au sérieux cette augmentation considérable du potentiel militaire de la Corée du Nord communiste. Le président Trump  a récemment renforcé le potentiel militaire us dans et autour de la péninsule de Corée. Le 29 juillet 2017, Washington et Séoul, ont annoncé « étudier des options militaires » contre la Corée du Nord. Il est donc intéressant de s'interroger sur les formes et le déroulement possible de ces « options militaires ».
Il convient de ne jamais perdre de vue, quand on parle d'un affrontement militaire potentiel entre les deux Corées, du fait que la capitale de CdS, et grand centre économique, Séoul, se trouve très proche de la ligne de démarcation entre les deux pays. Son centre-ville est à 45 km de la frontière, donc à 50 km des premières positions d'artillerie nord-coréennes. Séoul compte quelque 10 millions d'habitants (25 millions dans son aire urbaine), elle abrite les sièges de plusieurs des plus importantes multinationales du monde (Hyundai, Samsung Electronics, SK, LG, ...).
Voici donc :

Kriegspiel:
La Corée du Nord fait un test de missile qui tourne mal (ou, ont le dit). Les USA décident d’intervenir pour limiter la capacité industrielle de la CdN (et sauver le monde). S’ensuit une série de raids aériens de précision et de vagues de missiles de croisière frappant les installations nucléaires et les centres de commandement et de communication de CdN. Pyongyang prend prétexte de la participation (passive) de la Corée du Sud à l’action américaine pour commencer le bombardement conventionnel (artillerie: tubes de 170 mm, roquettes et fusées) de Séoul. La CdS riposte. Les USA accentuent leurs bombardements et visent les positions d’artillerie de CdN le long de la frontière, ainsi que les bases aériennes de CdN. La CdS mobilise, une partie de la population civile de Séoul commence à évacuer, nombre d’entreprises ferment, début de crise économique. Duels d’artillerie de part et d’autre de la frontière, raids d’infanterie, pénétration de nageurs de combat et de sous-marins de CdN. Les USA s’en prennent aux bases navales de CdN. Pendant ce temps, Chine et Russie grondent de plus en plus fort (il en va de leur crédibilité politique). Ces puissances envoient des « observateurs militaires » sur place et poussent leurs armements. Menaces de la part de Pyongyang de faire usage de l’arme nucléaire en cas de poursuite des raids us. Normalement, à ce stade, tout le mode étant défoulé, la diplomatie devrait reprendre le dessus, la CdN échangeant l'abandon (presque...) complet de son programme nucléaire militaire contre une aide à la reconstruction et des accords économiques avantageux.

Bernard Antoine Rouffaer        28.7.2017